Les roulettes s’embourbent à quelques mètres du bureau de vote, obligeant les infirmiers à soulever le brancard du vieil homme à bout de bras. Saw Hlaing, 73 ans, a les jambes recroquevillées et le regard dans le vague. Victime d’un accident vasculaire cérébral, ce retraité est arrivé à l’arrière d’une ambulance, accompagné de sa femme, pour voter en banlieue Nord de Rangoun, la capitale économique birmane, ce dimanche 11 janvier. Le scrutin a été organisé en grande pompe par la junte militaire. Leur fille, une policière aux ordres de l’armée, a soufflé qu’il fallait voter, que c’était important pour ses supérieurs. Le couple ne voulait pas lui causer d’ennuis, alors, malgré son état, le père s’est déplacé, votant sans quitter son brancard de métal. Seule sa main a bougé. Quelques minutes après, l’ambulance a ravalé l’électeur dans un grincement de ferraille.
Reportage
Elections générales : en Birmanie, les électeurs boudent la «mascarade» électorale
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Sommés de légitimer la junte au pouvoir, les Birmans étaient convoqués aux urnes ce dimanche 11 janvier. Mais malgré une débauche de cadeaux offerts dans les bureaux de vote, ce deuxième tour n’a pas enthousiasmé les électeurs.
Un panneau appelant à aller voter pour le deuxième tour des élections législatives, à Rangoun, capitale économique de la Birmanie, le 11 janvier 2026. (Robin Tutenges/Hors Format pour Libération)
Publié le 11/01/2026 à 18h07
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