Menu
Libération
Diplomatie

L’Iran annonce une ébauche d’accord sur le nucléaire «d’ici deux ou trois jours», Trump «envisage» une frappe limitée contre Téhéran

Dans la foulée de la deuxième session de pourparlers, l’Iran souhaite ce vendredi «conclure rapidement un accord», tandis que le scénario d’une attaque des Etats-Unis se précise.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s'exprime lors d'une réunion bilatérale entre la Suisse et l'Iran, à Genève, en Suisse, le mardi 17 février 2026. (Cyril Zingaro/AP)
Publié aujourd'hui à 17h03

Au lendemain de l’ultimatum de Donald Trump, qui évoquait jeudi un délai de dix jours pour un accord sur le nucléaire tout en maintenant les menaces de frappes, l’Iran se veut conciliant. Le chef de la diplomatie iranienne a affirmé ce vendredi 20 février, qu’une ébauche d’accord sur le nucléaire serait prête «d’ici deux ou trois jours» et que son pays la présenterait ensuite aux Etats-Unis.

«Je dois dire tout d’abord qu’il n’y a pas d’ultimatum, a assuré le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi sur la télévision MS NOW (ex MSNBC). Nous discutons simplement entre nous de la manière dont nous pouvons conclure rapidement un accord. Et un accord rapide est quelque chose qui intéresse les deux parties.»

De leur côté, les Américains maintiennent et même intensifient la pression. Donald Trump a dit «envisager» une frappe limitée contre l’Iran faute d’accord avec les Etats-Unis, dans une brève réponse ce vendredi à la question d’une journaliste à la Maison Blanche. Plus largement, la planification militaire américaine concernant l’Iran a atteint un stade avancé, rapportent des sources à Reuters, montrant que les Etats-Unis se préparent à un conflit sérieux avec l’Iran.

«Aucune raison de retarder»

La quête d’un accord «rapide» avec les Etats-Unis n’est guère étonnante, alors que l’Iran est en quête d’un allègement des sanctions asphyxiant son économie. Ces sanctions pénalisent depuis des décennies son économie, entraînant une hyperinflation chronique et une forte dépréciation de la monnaie nationale, le rial. Ce phénomène, qui érode rapidement le pouvoir d’achat des Iraniens, s’est particulièrement accentué ces derniers mois et a été l’élément déclencheur en décembre des vastes manifestations.

«Il est évident que plus tôt ces sanctions seront levées, mieux ce sera pour nous. Nous n’avons donc aucune raison de retarder», le processus, a insisté le ministre iranien. Il espère désormais présenter au plus vite «une proposition d’accord potentiel» à ses homologues américains, l’émissaire Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner.

Washington et Téhéran, qui ont renoué le dialogue début février pour la première fois depuis la guerre de 12 jours en juin 2025, ont tenu deux sessions de discussions pour tenter de régler leurs différends. Les échanges restent très tendus, alors que les deux pays ont conclu ce mardi en Suisse leur deuxième session de pourparlers. Au même moment, le guide suprême iranien a prévenu dans un discours virulent que le porte-avions américain présent dans le Golfe pourrait être coulé.

Les menaces se sont poursuivies des deux côtés, dès la sortie des pourparlers. Mercredi 18 février, l’armée américaine s’était dite prête à frapper le sol iranien dès ce week-end. Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’Iran réitérait ses menaces envers les bases américaines au Moyen-Orient en cas d’attaque, dans une lettre adressée jeudi au secrétaire général de l’ONU.

Le scénario d’un changement de régime à Téhéran

Les Etats-Unis affichent d’une préparation militaire de plus en plus évidente. Le ciblage d’individus dans le cadre d’une attaque et même la poursuite d’un changement de régime à Téhéran, si le président Donald Trump en donnait l’ordre, sont des options considérées, ont déclaré à Reuters deux responsables américains.

Ces options militaires constituent les derniers signes que les États-Unis se préparent à un conflit sérieux avec l’Iran au cas où les efforts diplomatiques échoueraient. L’armée américaine se prépare à une opération soutenue, pouvant durer plusieurs semaines et qui inclurait des frappes contre des installations de sécurité iraniennes ainsi que des infrastructures nucléaires, a rapporté Reuters mi-février.

Ces nouvelles révélations suggèrent une planification plus détaillée et ambitieuse en amont d’une décision de Trump, qui a ces derniers jours évoqué publiquement l’idée d’un changement de régime dans la République islamique. Les responsables américains, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité du dossier, n’ont pas fourni davantage de détails sur les personnes susceptibles d’être visées ni sur la manière dont l’armée américaine pourrait tenter de faire tomber le régime sans déployer d’importantes forces terrestres.

Des actions pour changer le régime iranien marqueraient un nouveau revirement par rapport aux promesses de Trump durant la campagne présidentielle d’abandonner ce qu’il a qualifié de politiques ratées des précédentes administrations, lesquelles comprenaient des efforts militaires visant à renverser des gouvernements en Afghanistan et en Irak.

Trump a déployé une puissance d’attaque massive au Moyen-Orient, mais la majorité des capacités de combat se trouvent à bord de navires de guerre et d’avions de chasse. Toute campagne de bombardements d’envergure pourrait également compter sur le soutien de bombardiers basés aux États-Unis.

Dans la même rubrique