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Sur la place de la Pagode Sule, à Rangoun, à la veille des élections générales birmanes le 10 janvier.Sur la place de la Pagode Sule, à Rangoun, à la veille des élections générales birmanes le 10 janvier. (Robin Tutenges/Hors Format pour Libération)
Reportage

«Ma vie est à zéro, les militaires m’ont tout pris» : à Rangoun, des Birmans dans l’étau de la junte

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Cinq ans après le coup d’Etat de Min Aung Hlaing, l’armée tente d’effacer les traces de la mobilisation citoyenne dans l’ex-capitale cadenassée. «Libération» a rencontré des habitants à bout, entre survie et poursuite de la résistance.
ParGuillaume Pajot
envoyé spécial à Rangoun (Birmanie)
publié le 28 janvier 2026 à 17h22

Les corbeaux règnent à Dagon Sud, crevant les poubelles à coups de bec, luttant pour l’arête d’un poisson ou la chair putride d’un rat. Des ombres affamées. Dans cette banlieue industrielle de Rangoun, la capitale économique birmane, des usines chinoises couvertes de barbelés, gardées par des vieillards en uniforme, toisent les bidonvilles des ouvriers. Ce matin de janvier, les camions filent à vive allure, comme poussés par le vent chaud. Dagon Sud fut un bastion de la résistance au coup d’Etat militaire du 1er février 2021. L’un de ces quartiers de Rangoun où les habitants furieux ont tenté, pendant plusieurs semaines d’une brève «révolution de printemps», de faire reculer l’armée du

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