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Ouïghours: le Conseil des droits de l’homme à Genève est-il à la botte de Pékin?

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Un mois après la parution du rapport de l’ONU sur les crimes contre l’humanité commis au Xinjiang, une proposition qui visait à débattre de la situation a été rejetée jeudi par 19 pays contre 17. L’Ukraine s’est abstenue.

Un camp de détention dans lequel des Ouïghours seraient détenus, dans la province du Xinjiang en mai 2019. (Greg Baker/AFP)
Publié le 07/10/2022 à 12h48

C’est un camouflet cinglant pour le Conseil des droits de l’homme des Nations unies et de sa raison d’être. C’est une victoire éclatante pour la Chine qui cherche à imposer sa «vision alternative» des droits humains en noyautant les organisations internationales. C’est un nouveau coup de poignard dans le dos des millions de Ouïghours et aux autres peuples turciques, majoritairement musulmans, victimes de crimes contre l’humanité et d’un génocide au Xinjiang.

«C’est une gifle pour nous»

Il y a un mois, les Nations unies publiaient un rapport faisant état de «preuves crédibles» de torture, de traitements médicaux forcés et de violences sexuelles à grande échelle dans le Xinjiang, et appelaient la communauté internationale à agir d’urgence. Jeudi soir, à Genève, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, qui regroupe 47 pays, a rejeté une résolution qui proposait de débattre du sujet, foulant aux pieds le cœur même de sa mission. Dix-neuf pays ont voté contre : la Bolivie, le Cameroun, la Côte-d’Ivoire, la Chine, Cuba, l’Erythrée, le Gabon, l’Indonésie, le Kazakhstan, la Mauritanie, le Népal, la Namibie, le Pakistan, le Qatar, le Sénégal, le Soudan, les Emirats arabes unis, l’Ouzbékistan et le Venezuela. C’est seulement la deuxième fois qu’une résolution est rejetée depuis la création du C

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