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Libération
Reportage

«Personne ne nous a prévenus» : dans le centre du Sri Lanka, des familles entières ensevelies sous la terre

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Plus de dix jours après le passage du cyclone qui a fait plus de 600 morts et endommagé 75 000 maisons sur l’île, les habitants déplorent l’absence d’ordre d’évacuation à l’approche des pluies torrentielles et pointent du doigt les habitations fragiles, parfois illégales. Dans les villages, les sols instables sont particulièrement vulnérables aux événements extrêmes.

Dans un camp de secours au sein d'une école, après les inondations au Sri Lanka, le 1er décembre 2025. (Ishara S. Kodikara/AFP)
ParJuliette Chaignon
envoyée spéciale au Sri Lanka
Guillaume Gosalbes
envoyé spécial au Sri Lanka
Publié le 10/12/2025 à 16h17

Sur les hauteurs de Rambuke Ela, dans le centre du Sri Lanka, un ballet de tuk-tuks s’arrête pour déposer les curieux devant le village à moitié enseveli sous une traînée de boue de près d’un kilomètre. Dans la nuit du 29 au 30 novembre, le cyclone Ditwah et ses pluies hors normes – 300 mm en vingt-quatre heures – ont décroché un pan de la colline et créé un torrent argileux dévastant sur son passage au moins 35 maisons, les cossues comme les plus précaires.

Le village comptait 200 habitants. Au mois 29 sont morts et 21 manquent à l’appel. Presque un quart de la population locale et un bilan global des intempéries de 635 morts et plus de 200 disparus à l’échelle de l’île. «La terre est encore trop humide, des corps sont encore coincés dessous», explique Muhammad Rahamatula. Ce samedi soir là, il a perdu sa fille, sa belle-sœur, et ses deux neveux de 15 ans et 17 ans, tous tués dans leur sommeil. La terre s’est engouffrée jusqu’au plafond de la chambre à coucher. Le regard dans le vague, son frère ne parle p

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