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Catastrophe

«Peut-être que nous n’étions pas assez préparés» : l’Asie du Sud-Est panse ses plaies après des inondations dévastatrices

On dénombrait ce lundi 1er décembre plus de 1 160 morts au Sri Lanka, en Indonésie, en Thaïlande, au Vietnam et en Malaisie, quasiment le même nombre de disparus et des centaines de milliers de personnes déplacées ou sans abri.

A Padang, sur l'île de Sumatra, en Indonésie, le 30 novembre. (Willy Kurniawan/REUTERS)
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Service Planète
Publié le 01/12/2025 à 19h16

«Ces inondations sont un triste rappel : les désastres liés au réchauffement climatique sont en train de devenir la norme et les investissements pour y faire face et les surmonter sont cruciaux.» L’alerte a été lancée ce lundi 1er décembre par Alexander Matheou, patron de la branche Asie de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, après la publication de nouveaux bilans humains catastrophiques des inondations qui ont frappé ce week-end le Sri Lanka, l’Indonésie, la Thaïlande, le Vietnam et la Malaisie. Lundi soir, on dénombrait plus de 1 160 morts, quasiment le même nombre de disparus et des centaines de milliers de personnes déplacées ou sans abri dans les cinq pays. Les pluies torrentielles sont régulières en Asie du Sud-Est mais la mousson est particulièrement intense cette année.

Deux cyclones – Ditwah et Senyar – ont frappé en fin de semaine le Sri Lanka et l’Indonésie (rétrogradé en tempête tropicale, Ditwah a frappé lundi soir le sud de l’Inde sans faire d’importants dégâts) mais ce ne sont pas leurs vents qui ont provoqué le plus de ravages, plutôt leur densité en humidité et en vapeur qui, transformées en précipitations, a fait gonfler des rivières en quelques heures et provoqué des glissements de terrain. Dans les collines productrices de thé au nord de la capitale du Sri Lanka, Colombo, on a mesuré jusqu’à 500 mm de pluie en une journée samedi. Pourtant habitués à avoir les pieds dans l’eau chaque année, les habitants ont tous raconté la furie du fleuve Kelani qui a englouti des maisons de deux étages en deux heures. Dans l’île, le bilan provisoire fait état de plus de 390 morts, autant de disparus et les autorités sri-lankaises parlent d’ores et déjà de la catastrophe naturelle la plus importante depuis le tsunami dévastateur de 2004.

Mais c’est l’île de Sumatra en Indonésie qui paie le plus lourd tribut de ces inondations : près de 600 morts et 470 disparus selon les derniers décomptes. Un millier d’écoles ont été soit détruites soit endommagées Contrairement à son homologue sri-lankais, le président indonésien Prabowo Subianto n’a pas lancé d’appel à l’aide internationale et il subit une pression croissante pour déclarer l’état d’urgence nationale face à la catastrophe naturelle la plus meurtrière du pays depuis le tremblement de terre et le tsunami qui ont fait plus de 2 000 morts aux Célèbes en 2018. «Tout s’est passé très vite et peut-être que nous n’étions pas assez préparés», a reconnu le ministre de l’Intérieur. Même colère en Thaïlande où ces pluies diluviennes sont responsables d’au moins 176 décès et où, malgré l’aide organisée par les autorités les critiques de la population à l’égard de la gestion de la catastrophe se multiplient.

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