Le désert d’Aralkum, au sud-ouest du Kazakhstan, a tout d’un désert ordinaire, jusqu’à ce qu’il se mette à crépiter sous les chaussures : des coques jonchent le sable, derniers vestiges de la mer d’Aral. «Ici, il y avait cinquante mètres d’eau», indique Marat Narbaev, directeur exécutif du Fonds international pour sauver la mer d’Aral (IFAS), créé en 1993 par les cinq pays d’Asie centrale (Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Kirghizistan et Tadjikistan).
Aujourd’hui, des étudiants, des bureaucrates et un banquier enfilent leurs bottes et prennent la direction d’Aralkum pour y planter des saxaouls, ces arbustes gris-verts au tronc noueux censés survivre où rien ne pousse, dans le cadre d’un projet financé par une banque kazakhe.
Grand comme l’Occitanie (environ 68 000 km²), ce lac salé commence à décliner dès les années 1960. L’Union soviétique détourne le Syr-Daria et l’Amou-Daria, les deux fleuves qui se jettent dans la mer, pour irriguer les cultures de coton, très gourmandes en eau. À la chute de l’URSS en 1991, «l’accident écologique» reconnu par Moscou devient le problème du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan. Une seule p




