Quatre attaques en près de quarante-huit heures. La baie de Sydney est devenue ces derniers jours le théâtre d’une série d’incidents impliquant des requins. Vendredi 24 janvier au soir, un enfant de 12 ans est mort des suites de ses blessures. Il avait été grièvement blessé dimanche dernier par un requin-bouledogue alors qu’il sautait d’un rocher pour nager avec des amis dans une crique de la plus grande ville australienne. Cette attaque a été suivie de trois autres, non létales, dans les quarante-huit heures suivantes dans l’Etat de Nouvelles-Galles du Sud.
Mardi, un surfeur a été mordu par un requin en mer et blessé légèrement, a indiqué Surf Life Saving New South Wales. A Manly, en périphérie de Sydney, un requin s’en est pris aux jambes d’un surfeur, depuis dans un état critique. Quelques heures plus tôt, déjà, un enfant de 11 ans était ressorti indemne de l’attaque d’un requin qui avait mordu sa planche de surf, un peu plus au nord. Les secouristes ont appelé la population à éviter les plages durant les prochains jours.
Fortes pluies et eaux chaudes
Le phénomène peut inquiéter, mais les experts et les autorités avancent plusieurs explications pour justifier cette vague d’attaques inédite. A chaque fois, les agressions ont concerné des requins-bouledogues. Une espèce qui aime particulièrement évoluer en eaux troubles.
Or, ces derniers jours, la région côtière a été touchée par de fortes précipitations. La station météorologique officielle de la ville a enregistré 127 millimètres de précipitations en vingt-quatre heures, soit la journée la plus pluvieuse du mois de janvier depuis trente-huit ans.
En rendant l’eau de la mer opaque, ces pluies auraient créé des conditions parfaites pour les requins-bouledogues. «La qualité de l’eau est si mauvaise que cela favorise l’activité du requin-bouledogue», avait déclaré Surf Life Saving New South Wales mardi au média public ABC. «Les requins bouledogues prospèrent dans les eaux chaudes et saumâtres, que la plupart des autres requins fuient, a abondé Rebecca Olive, chercheuse à l’université RMIT de Melbourne, auprès de la BBC. Ils adorent les embouchures des fleuves et les estuaires, donc l’eau douce qui a inondé les terres à la suite des récentes précipitations était parfaite pour eux.»
D’autres experts avancent également que ce surplus d’eau douce pourrait avoir probablement drainé des eaux usées ainsi que des nutriments dans la mer, attirant ainsi des poissons appâts, et par conséquent des requins.
Autre phénomène à prendre en compte, selon les experts : la hausse des températures océaniques, qui semblent influer sur les schémas migratoires des requins, pourrait contribuer à une augmentation de ces attaques. Et ce malgré la surpêche qui fait diminuer la population de certaines espèces.
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Des dizaines de plages de la banlieue nord de Sydney restent fermées jusqu’à nouvel ordre, tandis que la surveillance des autres, à l’aide notamment de drones, a été renforcée. Outre le déploiement de drones, les autorités mettent en place chaque été des filets antirequins au large des côtes de Nouvelle-Galles du Sud et du Queensland pour éviter les attaques. Des données officielles montrent cependant que ces filets capturent des tortues, des dauphins, des poissons ou des raies en voie de disparition.
Plus de 1 280 incidents impliquant des requins en Australie ont été recensés depuis le début des statistiques en 1791, dont plus de 250 ont entraîné la mort des personnes mordues, selon une base de données détaillant les interactions entre humains et requins.




