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Tom Félix, le Français qui risquait la peine de mort en Malaisie, acquitté : «Un immense soulagement» pour le quai d’Orsay

Agé de 34 ans, cet ancien cadre du groupe Veolia était en prison depuis août 2023 pour détention et trafic de stupéfiants. Le tribunal malaisien n’a pas réussi à établir la preuve de sa culpabilité.

Tom Felix après son acquittement de huit chefs d'accusation liés à la drogue par la Haute Cour d'Alor Setar, le 3 février 2026. (Hakim Mustapha/AFP)
Publié le 03/02/2026 à 8h58, mis à jour le 03/02/2026 à 9h28

La fin d’un cauchemar. Tom Félix, un Français de 34 ans qui risquait la peine de mort en Malaisie pour détention et trafic de stupéfiants, a été acquitté et va pouvoir retrouver la liberté, a décidé mardi un tribunal malaisien. «Dans cette affaire, le tribunal n’a pas réussi à établir la preuve de la culpabilité… l’accusé est donc acquitté et libéré», a décidé la juge Evawani Farisyta Mohamma de la Haute cour criminelle d’Alor Setar.

Le Français de 34 ans, ancien cadre au sein du groupe Veolia, diplômé en aquaculture et biologie marine et sur le point d’ouvrir un restaurant à Langkawi, avait été arrêté le 9 août 2023 sur cette île du nord-ouest de la Malaisie. Dans la maison où il était hébergé par son associé malaisien, la police avait trouvé plusieurs centaines de grammes de cannabis dans les parties communes. Depuis, Tom Félix avait traversé une détention très éprouvante dans des conditions difficiles.

104 années de détention et 54 coups de bâton

Lors de son procès en juin devant la haute cour criminelle dAlor Setar (Nord-Ouest), on avait appris que le jeune homme encourrait «la peine de mort, ou 104 années de détention cumulées, 54 coups de bâton et une amende de 27 000 euros», selon sa mère, enseignante au Lycée français de Singapour tout comme son mari. A la veille de l’audience ce mardi, Sylvie et Jean-Luc Félix étaient «partagés entre l’espoir et l’angoisse», espérant «de tout [leur] cœur que la juge prononcera un acquittement». Sylvie Félix avait ajouté avoir bon espoir que la justice malaisienne reconnaisse «enfin l’innocence de [leur] fils et [mette] un terme à 909 jours d’emprisonnement, afin qu’il puisse retrouver sa liberté, sa dignité et sa vie».

Le ministre français des Affaires étrangères français Jean-Noël Barrot a dit mardi son «immense soulagement». «J’ai une pensée pour ses parents que j’ai rencontrés à deux reprises l’année dernière et qui vont pouvoir enfin retrouver leur fils», a dit le ministre sur France Télévisions, en précisant que le trentenaire allait pouvoir rentrer en France.

«Je suis très heureux. C’est la fin d’un très long cauchemar, pour Tom qui a vécu l’enfer d’une accusation injuste et d’une détention indigne, et pour sa famille qui a tenu bon contre la tentation du désespoir», a réagi pour l’AFP son avocat français François Zimeray, joint par téléphone en France. «L’étude du dossier m’a donné la conviction absolue de l’innocence de Tom», avait auparavant indiqué Me Zimeray, ex-diplomate et spécialiste des droits de l’Homme.

La possession et le trafic de drogue sont des crimes graves en Malaisie, passibles de la peine de mort si les quantités dépassent un certain seuil. Les condamnations à mort ne sont toutefois plus systématiquement prononcées et aucune exécution n’a eu lieu en Malaisie depuis 2018.

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