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Le «KK Park», un centre d’arnaques à Myawaddy (sud-est de la Birmanie).Le «KK Park», un centre d’arnaques à Myawaddy (sud-est de la Birmanie). (Lillian Swanrumpha/AFP)
Enquête

Traite d’êtres humains : en Asie, l’emprise tentaculaire des centres de cyberfraude

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Les réseaux d’escroquerie en ligne se multiplient dans le sud-est du continent asiatique, avec des travailleurs forcés et parfois torturés. Les opérations de démantèlement peinent à enrayer les activités d’une industrie qui fait des millions de victimes à travers le monde et brasse des sommes colossales.
publié le 29 décembre 2025 à 19h51

Les bâtiments étaient dans la ligne de mire des chasseurs. Ils ont été frappés mi-décembre par l’aviation thaïlandaise qui a bombardé à plusieurs reprises des sites en territoire cambodgien. Dans le conflit frontalier et meurtrier qui oppose sur de nombreux points les deux voisins, les casinos sont devenus des cibles de premier choix. Ils abritent des centres d’escroquerie en ligne qui prospèrent dans toute l’Asie, notamment dans le grand bassin du Mékong – en Birmanie, au Cambodge, au Laos — mais également aux Philippines.

Ces établissements de jeux et de paris sont souvent la vitrine clinquante d’une puissante internationale de la cyberfraude qui piège des centaines de milliers de personnes, frappe sur toute la planète et charrie des revenus colossaux dans des proportions dont on peine à prendre la pleine mesure. «Nous estimons qu’en 2024, les personnes en Asie de l’Est et en Asie du Sud-Est ont perdu entre 18 et 37 milliards de dollars à cause de la fraude cybernétique et des escroqueries en ligne, indique à Libération

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