Quinze personnes tuées et au moins 40 autres blessées. Il s’agit du dernier bilan de l’attaque antisémite perpétrée dimanche 14 décembre sur la plage de Bondi, à Sydney, en Australie, a indiqué la police ce lundi matin. Dimanche, deux individus, un père et son fils, ont ouvert le feu sur la foule qui célébrait la fête juive de Hanoukka sur la célèbre étendue de sable, dans un acte qualifié de «terroriste» et «antisémite». Une attaque fermement condamnée par la communauté internationale.
Témoignages
Le pays océanien, qui n’avait pas été frappé par une telle tuerie depuis 1996 et le massacre de masse de Port-Arthur, a mis tous ses drapeaux en berne sur ordre de son Premier ministre. A ce stade, les identités de neuf victimes sur quinze ont été révélées par les autorités, les proches et dans la presse. Libération dresse leur portrait.
Le Français Dan Elkayam, 27 ans
Dan Elkayam était un jeune ingénieur informatique français de 27 ans, passionné de sport et de voyages. Il s’était installé en Australie il y a un an après avoir voyagé au Mexique, en Indonésie ou encore en Thaïlande. Il a grandi au Bourget, en Seine-Saint-Denis, puis a fait ses études à Montreuil et Créteil, en banlieue parisienne avant de travailler à Bois-Colombes puis de s’expatrier.
S’exprimant au nom de sa famille «dévastée», son frère Jérémie l’a décrit au micro de France Info comme «une personne en or». «On est quatre frères et sur les quatre, pour moi, c’était le plus gentil de tous.»
Matilda, 10 ans
Les autorités ont confirmé que la jeune fille faisait partie des victimes. Son ancienne professeure, Irina Goodhew, qui a organisé une collecte de fonds pour la mère de la petite, a décrit Matilda auprès de la BBC comme «une enfant brillante, joyeuse et pleine d’entrain qui illuminait tous ceux qui l’entouraient». Elle se trouvait sur la plage avec sa petite sœur - qui a survécu et n’a pas été blessée - au moment de la fusillade. La tante de la victime, Linda, a précisé à ABC que Matilda avait été transportée à l’hôpital pour enfants de Sydney mais n’avait pas pu être sauvée.
Le rabbin Eli Schlanger, 41 ans
Celui qui était surnommé le «rabbin de Bondi» est mort lors de la fusillade dimanche. A la tête de la mission locale Chabad, une organisation juive hassidique internationale basée à Brooklyn, il était l’un des principaux organisateurs de l’événement qui se tenait sur la plage de Bondi. «Mon cher cousin, le rabbin Eli Schlanger, a été assassiné lors de l’attaque terroriste perpétrée aujourd’hui à Sydney», a écrit Zalman dans une publication Instagram. Ce lundi matin devant la presse, Alex Ryvchin, du Conseil exécutif des Juifs australiens, a décrit la victime comme «l’être humain le plus pieux, le plus humain, le plus gentil et le plus aimable que j’aie jamais rencontré». Eli Schlanger laisse derrière lui son épouse et leurs cinq enfants, dont le plus jeune est âgé de deux mois.
Alexander Kleytman, survivant de l’Holocauste, 87 ans
Survivant de l’Holocauste et originaire d’Ukraine, Alexander Kleytman est mort en voulant sauver son épouse sur la plage de Bondi. «Il accompagnait sa femme Larisa. Il est mort en la protégeant des balles du tireur», relate Chabad dans un communiqué. Devant la presse, Larisa Kleytman, est revenue sur les événements. «Nous étions debout quand soudain, il y a eu des détonations et tout le monde est tombé. A ce moment-là, il était derrière moi et il a décidé de se rapprocher de moi. Il s’est redressé parce qu’il voulait rester près de moi», a-t-elle raconté au journal The Australian. Alexander Kleytman avait deux enfants et onze petits-enfants.
Le policier retraité Peter Meagher
Bien qu’il ait remisé son uniforme après 40 ans de service, Peter Meagher demeurait un homme actif, bénévole impliqué dans le rugby des banlieues est de Sydney et photographe amateur. «Marzo, comme tout le monde l’appelait, était une figure très appréciée et une véritable légende dans notre club. Avec des décennies d’engagement bénévole à son actif, il était l’une des figures emblématiques du Randwick Rugby», écrit Mark Harrison, directeur général du Randwick Rugby Club, sur son site web. Dimanche, il couvrait comme photographe l’événement de Hanoukka organisé sur la plage de Bondi comme photographe.
Reportage
Tibor Weitzen, membre de la synagogue Bondi Chabad, 78 ans
Membre «très apprécié» de la synagogue Bondi Chabad, selon l’organisation, il assistait à l’événement sur la plage avec sa femme et ses petits-enfants. Il avait émigré d’Israël vers l’Australie en 1988. «Il ne voyait que le meilleur chez les gens et il nous manquera beaucoup», a confié sa petite-fille à la chaîne de télévision Australian Broadcasting Corporation.
L’homme d’affaires Reuven Morrison
Reuven Morrison avait quitté l’Union soviétique dans les années 1970 pour venir s’installer en Australie, alors qu’il n’était qu’adolescent, racontait-il sur la chaîne ABC en 2024, qui l’avait interviewé après l’incendie d’une synagogue. Il était un «homme d’affaires prospère dont l’objectif principal était de reverser ses gains à des associations caritatives qui lui tenaient à cœur, notamment Chabad of Bondi», a fait savoir l’organisation religieuse Chabad.
Le rabbin Yaakov Levitan
Un deuxième rabbin de la synagogue Chabad de Bondi, Yaakov Levitan, a été identifié comme l’une des victimes. L’organisation parle de lui comme un «coordinateur populaire» de ses activités à Sydney. Il était également secrétaire du Beth Din de Sydney, une institution religieuse juive qui offre des services à la communauté juive à titre caritatif. Il travaillait également au Centre Bina, qui se présente comme un centre d’enseignement juif.
Marika Pogany, bénévole au sein de la communauté juive, 82 ans
Née en Slovaquie, Marika Pogany était bénévole depuis plus de 10 ans au sein de la communauté juive de Sydney. Ses proches la décrivent une «personne extraordinaire». Particulièrement impliquée, cette Slovaque-Australienne avait reçu le prix Mensch de la Jewish Communal Appeal, une société philanthropique, pour avoir livré plus de 12 000 repas casher à des seniors depuis la fin des années 1990. «Elle était très active et agréable. Elle était gentille… Son décès nous affecte profondément», a réagi Anton Pasternak, président de la communauté juive de Komarno, dans le sud-ouest du pays. Sydney avait été «un refuge pour elle, loin des horreurs du fascisme et du communisme», a de son côté souligné l’ancienne présidente Zuzana Čaputová sur Facebook, la décrivant comme une amie proche. «Hormis sa mère et son oncle, revenus d’Auschwitz, tous les autres membres de cette famille n’ont pas survécu à l’Holocauste.»
Mise à jour à 17 h 50 avec plus d’informations sur Marika Pogany.




