Une découverte qui pourrait éclairer une période encore méconnue par les scientifiques. Près d’une centaine d’espèces animales marines anciennes, pour certaines encore inconnues, et ayant survécu à une extinction de masse il y a un demi-milliards d’années, ont récemment été mises au jour dans une carrière en Chine. «Nous avons collecté plus de 50 000 fossiles dans une petite carrière qui faisait 12 mètres de haut, 30 de long et 8 de large», a expliqué à l’AFP Han Zeng, de l’académie chinoise des sciences. Ce site situé dans la province du Hunan, dans le Sud de la Chine, est «extraordinaire», se réjouit ainsi l’auteur principal de l’article présentant ces découvertes et publié ce mercredi 28 janvier dans la revue scientifique Nature.
Dans cette petite fosse, entre 2021 et 2024, les chercheurs ont découvert 153 espèces animales fossilisées, dont 91 nouvelles. Un trésor qui offre un éclairage précieux sur un épisode mystérieux de l’histoire de notre planète : ces animaux ont en effet traversé une période où le développement de la vie s’est arrêté brutalement, racontent les scientifiques.
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Han Zeng décrit «une expérience merveilleuse quand nous avons réalisé que ces animaux étaient juste là sur la pierre». «Beaucoup de ces fossiles comportaient des parties molles, notamment des branchies, des intestins, des yeux et même des nerfs», a-t-il ajouté.
Parmi les espèces découvertes figurent de lointains ancêtres des vers, des éponges, des coraux et des méduses. Ils ont également mis la main sur de nombreux arthropodes - une famille qui va de nos crabes actuels aux insectes - dont des créatures couvertes d’épines, aux yeux pédonculés appelées radiodontes, qui étaient les prédateurs suprêmes de l’époque.
Les animaux retrouvés dans la carrière chinoise sont datés d’environ 512 millions d’années : ils représentent ainsi la première découverte majeure de fossiles mous ayant vécu juste après une extinction de masse, dénommée «extinction de Sinsk». Au cours de cet événement causé par une baisse du niveau d’oxygène sur Terre, près de la moitié des nouveaux animaux apparu au cours du «big bang de l’évolution», il y a environ 540 millions d’années, avait disparu de la surface de la Terre.
Ces fossiles - baptisés «biote de Huayuan» d’après le nom du comté où ils ont été découverts - «ouvrent alors une fenêtre sur ce qui a pu se passer» au cours de cette période, ajoute le chercheur.
«Un des milieux les plus stables»
Michael Lee, un biologiste de l’évolution du South Australian Museum, non impliqué dans la recherche, estime que les nouveaux fossiles découverts en Chine démontrent que l’extinction de Sinsk «a affecté plus gravement les eaux peu profondes». «L’océan profond est un des milieux les plus stables à travers le temps géologique, de la même manière que la cave d’une maison est à l’abri des changements saisonniers et connaît moins de fluctuations de températures que le grenier», image-t-il.
Si l’extinction de Sinsk ne fait pas partie des cinq extinctions de masse qui ont jalonné l’histoire de la Terre, Han estime qu’il y a des preuves d’au moins 18 extinctions de masse dans l’histoire de la planète. Le scientifique plaide pour que plus d’attention soit portée à ces évènements destructeurs, d’autant que les scientifiques ont déjà averti que la Terre traverse actuellement une nouvelle extinction de masse, causée cette fois-ci par les humains.




