De nombreux Australiens ont observé une minute de silence et allumé des bougies ce dimanche 21 décembre, une semaine après la tuerie antisémite commise par deux hommes contre les participants à une fête juive sur une plage emblématique de Sydney.
Les deux assaillants, Sajid Akram, 50 ans, un Indien entré sur visa en Australie en 1998 et son fils, Naveed Akram, né dans le pays il y a vingt-quatre ans, ont ouvert le feu dimanche dernier lors d’un rassemblement pour Hanoukka sur la plage de Bondi.
Ce dimanche, les drapeaux ont été mis en berne à travers le pays, y compris sur le pont du port de Sydney. Au crépuscule, environ 20 000 personnes étaient réunies sur le rivage, selon les organisateurs. «Bondi est avec nous, Sydney est avec nous, l’Australie est avec nous et le monde est avec nous», a déclaré le rabbin Yehoram Ulman avant de lire les noms des 15 victimes.
Terrorisme
Selon les autorités, l’attentat dont sont suspectés le père, abattu sur place, et le fils, était motivé par l’idéologie du groupe jihadiste Etat islamique (EI). Naveed Akram, grièvement blessé par la police, est hospitalisé sous forte surveillance policière et a été inculpé pour terrorisme et 15 meurtres.
Une équipe d’enquêteurs de la police et des renseignements se penche à présent sur les déplacements et les contacts des deux suspects, notamment un voyage qu’ils ont effectué dans le sud des Philippines avant l’attaque.
«Nous allons identifier les méthodes, les moyens et les connexions de ces criminels présumés afin de déterminer avec qui ils ont communiqué avant l’attaque», a déclaré Krissy Barrett, la cheffe de la police fédérale australienne.
«Atrocité inspirée par l’EI»
Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a par ailleurs annoncé ce dimanche avoir ordonné un audit de la police et du renseignement. «L’atrocité inspirée par l’EI dimanche dernier montre l’évolution rapide du contexte de sécurité dans notre pays, a-t-il déclaré. Nos agences de sécurité doivent être en mesure d’y répondre.» Le gouvernement a en outre annoncé un renforcement des lois contre l’extrémisme et sur la détention d’armes.
Naveed Akram avait été interrogé par le renseignement australien en 2019 pour une potentielle radicalisation, mais les autorités avaient alors jugé qu’il ne constituait pas une menace. Son père avait également été interrogé, mais avait tout de même obtenu un permis de port d’armes lui permettant de posséder six fusils.
L'édito de Paul Quinio
Plus globalement, l’attentat a forcé le pays à remettre en question sa politique de lutte contre l’antisémitisme. De nombreux membres de la communauté juive ont d’ailleurs critiqué le gouvernement travailliste, estimant que leur cri d’alarme face à la montée de l’antisémitisme depuis le 7 Octobre n’avait pas été pris en compte. Pour le rabbin Yossi Friedman, «le message était clair depuis un peu plus de deux ans». «Est-ce que nous nous sentons en sécurité ? Pour être honnête, pas vraiment.»
Interrogé ce dimanche sur la question de savoir si l’attaque aurait pu être évitée, Chris Minns, le Premier ministre de la Nouvelle-Galles-du-Sud, où se trouve Sydney, a répondu : «Je ne sais pas. C’est quelque chose qui m’empêche de dormir la nuit et qui me préoccupe beaucoup.»




