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Prévention

Attentat de Sydney : le gouvernement lance un programme de rachats d’armes à feu

Le Premier ministre australien a annoncé ce vendredi 19 décembre un durcissement de la législation contre l’extrémisme. Les autorités promettent d’indemniser les propriétaires d’armes à feu qui les rendraient.

Des personnes en deuil rendent hommage devant le Bondi Pavilion à Sydney, afin d'honorer les victimes de la fusillade de Bondi Beach. Le 18 décembre 2025 (David Gray/AFP)
Publié le 19/12/2025 à 9h15

Après le choc, la prévention. Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a annoncé ce vendredi 19 décembre le lancement d’un vaste programme de rachat d’armes à feu, dans le but de limiter leur circulation. Une mesure qui intervient à la suite de l’attentat antisémite de la plage de Bondi, qui a causé, dimanche 14 décembre, la mort de 15 personnes et blessé des dizaines d’autres, à l’occasion de la fête juive des Hanoukka. Face au choc, le gouvernement entreprend un durcissement de la législation en promettant d’indemniser les propriétaires d’armes à feu qui rendraient «les armes à feu superflues, récemment interdites et illégales». Faisant référence aux six armes détenues légalement par Sajid Akram – l’un des deux assaillants présumés et abattu lors de l’attaque –, Anthony Albanese a martelé qu’il «n’y a aucune raison pour qu’une personne vivant dans la banlieue de Sydney ait besoin d’autant d’armes à feu».

Il s’agirait de la plus grande opération de rachat d’armes à feu dans le pays continent depuis celle menée après la tuerie de 1996 sur l’île de Tasmanie, dans le sud. Un homme de 28 ans avait ouvert le feu sur la foule à Port Arthur – un site touristique – tuant 35 personnes. En une année, les autorités australiennes avaient ainsi récupéré 600 000 armes remises par leurs propriétaires.

Une journée d’hommage et de recueillement

Face à la tuerie la plus meurtrière depuis des décennies dans le pays, le Premier ministre ne s’est pas contenté de mettre en place des mesures préventives. Il a également annoncé la tenue d’une journée de recueillement dans tout le pays dimanche, appelant la population à allumer des bougies à 18 h 47, une semaine heure pour heure après le début de l’assaut. Il s’agira d’«un moment pour faire une pause, réfléchir et affirmer que la haine et la violence ne définiront jamais qui nous sommes en tant qu’Australiens», a déclaré Anthony Albanese, qui a précisé qu’une journée de deuil national se tiendrait l’année prochaine.

Depuis l’attaque, Sydney reste en état d’alerte maximale. Jeudi soir, un groupe de policiers d’intervention a arrêté sept hommes après un signalement selon lequel un «acte violent était peut-être en préparation», a indiqué la police. Bien que le commissaire de police Mal Lanyon ait précisé qu’il n’y avait aucun lien établi avec les auteurs présumés de l’attentat de Bondi, les enquêteurs cherchent toutefois à déterminer s’ils partageaient les mêmes opinions «islamistes radicales» que les assaillants de l’attaque sur la plage.

La police australienne enquête pour savoir si les deux assaillants présumés de l’attentat de Bondi ont rencontré des extrémistes islamistes lors d’un voyage aux Philippines quelques semaines avant l’attentat, dans la région de Mindanao où se trouvent des foyers d’insurrection islamiste.

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