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Renfort

Au Japon, les policiers autorisés à abattre des ours face à une vague d’attaques mortelles

Tokyo a révisé ce jeudi 6 novembre sa règlementation pour autoriser la police antiémeute à ouvrir le feu dans la ville de Kazuno, dans le nord du pays, pour prêter lutter contre les invasions d’ursidés dans les zones urbaines.

Des membres des Forces d'autodéfense déchargent une cage à ours d'un camion militaire au camp JSDF Akita, à Akita, dans le nord du Japon, le jeudi 30 octobre 2025. (Camp JSDF Akita/AP)
Publié le 05/11/2025 à 12h37, mis à jour le 06/11/2025 à 11h56

Le Japon passe à la méthode forte dans sa chasse aux ours. Face à l’alarmante augmentation cette année d’attaques d’humains par les ours sur le sol nippon, les forces japonaises d’autodéfense ont été autorisées ce jeudi à abattre les animaux à l’aide de fusils afin d’apporter une aide logistique aux zones rurales.

Mercredi 5 novembre, l’armée avait été envoyée en renfort dans un département du Nord touché par un nombre record d’attaques d’ursidés : depuis avril, 13 personnes ont été tuées et 100 personnes ont été blessées – soit plus du double de l’année dernière. C’est la première fois que l’armée intervient pour ce genre de risque. Le gouverneur d’Akita, Kenta Suzuki, qui a averti à plusieurs reprises que son département n’avait pas les moyens de lutter contre les ours, a remercié les troupes pour leur aide. «En coordonnant les efforts avec les municipalités locales, j’espère pouvoir soutenir [leurs] activités», a-t-il déclaré lors d’une cérémonie de signature avec l’armée, marquant officiellement le début de l’intervention.

A la suite des modifications réglementaires, des policiers antiémeutes armés de fusils seront en outre déployés dans les départements d’Akita et Iwate (Nord-Est), où la plupart des attaques ont eu lieu, a déclaré l’Agence nationale de police. Ils y recevront des informations des associations locales de chasseurs sur les habitudes des ours avant de commencer leurs opérations le 13 novembre, a précisé l’agence dans un communiqué.

Une règlementation révisée

Les pistolets habituellement portés par les policiers ne sont pas assez puissants pour tuer un ours, a rapporté l’agence de presse Jiji. Pour cette raison, les règles japonaises strictes sur les armes à feu telles que les fusils ont été révisées, et le contrôle de la faune sauvage a été ajouté comme motif autorisé pour leur utilisation par les policiers. Ils seront également équipés de sprays anti-ours, de bâtons, de boucliers, de lunettes de protection, de gilets pare-balles et de lance-filets, selon le ministère de la Défense. Tout un attirail qui devrait leur permettre de chasser les ours qui fuient leur habitat naturel pour s’inviter dans les villes nipponnes.

En cause : une pénurie de nourriture, notamment de glands, qui pousse cette année certains ursidés, dont la population est en pleine expansion dans l’archipel, à s’aventurer dans les zones urbaines, notamment dans les départements du nord comme Akita et Iwate, selon des experts. Ils estiment également que la dépopulation des zones rurales a brouillé les frontières traditionnelles entre les villes et les habitats des ours, encourageant ceux-ci à étendre leur territoire vers les zones résidentielles.

Le gouvernement de la Première ministre Sanae Takaichi, qui s’efforce de mettre au point un plan d’action face à cette crise, a tenu une réunion spéciale la semaine dernière et indiqué qu’un plan d’action serait présenté d’ici la mi-novembre.

Mise à jour le 6 novembre à 11 h 56 avec l’autorisation d’ouvrir le feu.

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