
«Ça ne rapporte de l’argent qu’aux étrangers» : au Groenland, les habitants d’Ilulissat face aux défis du tourisme
La vue a quelque chose d’irréel. Peut-être est-ce dû au profond silence, ou tout simplement à la beauté frappante des lieux. Dans la lumière rose d’un coucher de soleil, des icebergs bleutés aussi imposants que des édifices à la dérive glissent lentement au large des côtes rocheuses du fjord. Ils ont largué les amarres du glacier Sermeq Kujalleq, reconnu patrimoine mondial de l’Unesco, et s’en vont voguer dans l’Arctique. Seul bruit à la ronde, un grondement retentit de temps en temps, quand les petites embarcations des pêcheurs de flétans franchissent une plaque de glace plus épaisse qu’une autre. Bienvenue à Ilulissat, capitale touristique du Groenland.
La ville et ses 5 000 habitants font figure de test pour l’avenir du territoire. Dans l’île arctique sous souveraineté danoise et en quête d’indépendance, le tourisme a été identifié depuis une bonne dizaine d’années comme l’un des piliers d’une future souveraineté économique. Les menaces d’annexion formulées par Donald Trump participent à accélérer cette réflexion sur l’autonomie financière. Aujourd’hui, les revenus du gouvernement local proviennent de