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Accusations

Cisjordanie : l’ONU dénonce l’«apartheid» israélien et l’«asphyxie» des droits des Palestiniens

Le haut-commissaire aux droits de l’Homme estime ce mercredi 7 janvier que la discrimination exercée par l’Etat hébreu conduit à une forme particulièrement grave «de ségrégation raciale».

Volker Turk, le haut-commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU face aux médias, le 10 décembre 2025. (Martial Trezzini/AP)
Publié le 07/01/2026 à 10h47

Après des experts indépendants, c’est au tour du haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU de dénoncer une situation d’apartheid en Cisjordanie. Chef de l’instance onusienne, Volker Türk a affirmé ce mercredi 7 janvier que la discrimination et la ségrégation exercées par Israël contre les Palestiniens en Cisjordanie par Israël s’intensifiaient, s’apparentant à une forme de «système d’apartheid».

«On assiste à une asphyxie systématique des droits des Palestiniens en Cisjordanie», a déclaré le responsable de l’agence dans un communiqué accompagnant la publication d’un rapport. Le haut-commissaire a estimé que cette situation avait conduit à une «forme particulièrement grave de discrimination et de ségrégation raciales, ressemblant au type de système d’apartheid que nous avons déjà connu».

Violences des colons

Qu’il s’agisse d’avoir accès à l’eau, aux écoles ou encore aux hôpitaux ou qu’il de pouvoir aller voir des proches ou d’aller récolter des olives, «chaque aspect de la vie des Palestiniens en Cisjordanie est contrôlé et restreint par des lois, des politiques et des pratiques discriminatoires d’Israël», a-t-il déploré.

Le rapport souligne que les autorités israéliennes «soumettent les colons israéliens et les Palestiniens vivant en Cisjordanie à deux régimes distincts de lois et de politiques, entraînant un traitement inégal sur plusieurs questions cruciales».

«Les Palestiniens continuent d’être soumis à des confiscations massives de terres et à une privation d’accès aux ressources», relève-t-il, affirmant que cette situation conduit notamment à «les déposséder de leurs terres et de leurs maisons». Dans le même communiqué, Volker Türk demande à Israël qu’il «abroge toutes les lois, politiques et pratiques qui perpétuent la discrimination systémique à l’égard des Palestiniens fondée sur la race, la religion ou l’origine ethnique».

Cette discrimination est aggravée par la violence intensifiée des colons, avec dans de nombreux cas «l’assentiment, le soutien et la participation des forces de sécurité israéliennes», selon le Haut-Commissariat. Ces violences se sont intensifiées depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 Octobre : plus d’un millier de Palestiniens, combattants et civils, ont été tués par les colons ou les forces israéliennes, selon des chiffres du ministère palestinien de la Santé. Dernier homicide en date, celui de l’adolescent Rayyan Abou Moualla, 16 ans, tué fin décembre par un soldat israélien alors qu’il marchait dans sa direction.

«Une impunité presque totale»

Sur la même période, les autorités israéliennes ont également «intensifié le recours à la force illégale, aux détentions arbitraires et à la torture», déplore le rapport. Il dénonce une «détérioration sans précédent de la situation des droits humains» en Cisjordanie, faisant état du renforcement de la «répression de la société civile» et des «restrictions excessives à la liberté des médias».

Le rapport souligne aussi la rapide expansion des colonies, considérées comme illégales par le droit international, tandis que les Palestiniens sont tués «avec une impunité presque totale».

Sur les plus de 1 500 Palestiniens tués entre début 2017 et le 30 septembre dernier en Cisjordanie, les autorités israéliennes n’ont ouvert que 112 enquêtes, qui n’ont abouti qu’à une seule condamnation, note aussi le rapport, l’essentiel étant majoritairement renvoyé à des tirs de légitime défense contre des «terroristes». Ses auteurs disent en outre avoir trouvé «des motifs raisonnables de croire que cette […] ségrégation et cette subordination sont destinées à être permanentes» afin de maintenir un système d’«oppression» et de «domination des Palestiniens».

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