Entre les broussailles du désert de Mojave et la frontière avec le Nevada, Mountain Pass a longtemps permis aux Etats-Unis de dominer le secteur des terres rares. Jusqu’aux années 1980, la mine californienne produisait une part significative de l’ensemble des éléments de terres rares utilisés à l’échelle mondiale, alors destinés aux phosphores ou aux verres optiques, grâce à la richesse de ses roches et sa maîtrise des méthodes de séparation chimique.
Mountain Pass s’est longtemps enorgueilli de produire 100% de l’europium mondial, utilisé… pour les téléviseurs couleur. Loin des enjeux stratégiques actuels qui entourent la production, et l’exportation, de ces 17 métaux chimiquement apparentés (les 15 lanthanides, le scandium et l’yttrium), aux propriétés magnétiques et optiques les rendant essentiels pour de nombreux secteurs sensibles, des aimants permanents (moteurs de véhicules électriques, rotors des turbines éoliennes, robotique) à l’électronique de pointe, en passant par des technologies militaires avancées.
Mais l’effondrement du prix des terres rares à l’échelle mondiale, dû à la concurrence chinoise, a rendu la production américaine de moins en moins compétitive. D’autant que les procédés chimiques utilisés pour extraire les terres rares génèrent des déchets toxiques et radioactifs, à la gestion coûteuse et réglementée aux Etats-Unis. Des incidents ont mis en lumière les risques, et accentué la pression des autorités californiennes sur la mine. En 2002, Mountain Pass




