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Point du jour

Groenland : des soldats français déployés à Nuuk et un Conseil de défense en urgence à l’Elysée

Face aux visées de Trump, une mission militaire européenne débute ce jeudi, avec une quinzaine de soldats français présents sur le territoire arctique. De son côté, la Russie dit s’inquiéter de l’envoi des troupes de l’Otan. «Libé» résume les principales actualités du jour.

A Nuuk, la capitale groenlandaise, mercredi 14 janvier 2026. (Marko Djurica/REUTERS)
Publié le 15/01/2026 à 10h19, mis à jour le 15/01/2026 à 20h41

La France déjà présente à Nuuk

Dans le cadre de la «préparation d’un exercice» de la mission militaire européenne «Arctic Endurance» qui a démarré ce jeudi 15 janvier à la demande du Danemark dans le territoire arctique, l’ambassadeur pour les pôles et les océans Olivier Poivre d’Arvor a annoncé au micro de France Info dans la matinée qu’«une quinzaine de soldats» français sont déjà présents à Nuuk.

Il a précisé qu’il s’agit de chasseurs alpins «spécialistes de haute montagne», avant de spécifier que l’envoi de soldats européens face à une menace d’ingérence américaine est «inédit». «On disait que l’Europe prenait son temps, pas tant que ça», a-t-il lancé. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Emmanuel Macron avait annoncé sur X que «de premiers éléments militaires français [étaient] d’ores et déjà en chemin». «D’autres suivront», avait-il précisé.

Il a également annoncé jeudi, en présentant ses vœux aux armées sur la base aérienne d’Istres, que la France enverra «dans les prochains jours» de nouveaux «moyens terrestres, aériens et maritimes».

Un Conseil de défense convoqué en urgence à l’Elysée

A 8 heures ce jeudi, un Conseil de défense consacré aux manifestations en Iran et aux menaces américaines de prise de contrôle du Groenland a été convoqué en urgence à l’Elysée. Présidé par Emmanuel Macron, il rassemble les ministres concernés et les chefs militaires, au lendemain de la réunion à la Maison Blanche entre le Danemark et les autorités américaines qui s’est conclue sur un «désaccord fondamental» selon le ministre des affaires étrangères danois.

Les Pays-Bas envoient un militaire

Les Pays-Bas ont annoncé jeudi l’envoi d’un militaire dans le cadre d’une mission européenne au Groenland, île sous souveraineté danoise convoitée par le président américain, Donald Trump. Cette annonce fait suite à celles de la France, de la Suède, de l’Allemagne et de la Norvège, qui ont annoncé déployer du personnel militaire dans ce territoire arctique pour une mission de reconnaissance.

«La sécurité dans la région arctique [y compris au Groenland] revêt une importance stratégique pour tous les membres de l’Otan, a déclaré le ministre néerlandais de la Défense, Rubens Brekelmans, dans un communiqué. C’est pourquoi les Pays-Bas participent, avec d’autres pays de l’Otan, à une mission de reconnaissance conjointe au Groenland dans le cadre d’un exercice militaire en Arctique.» «Le ministère de la Défense enverra un officier de marine», a-t-il précisé.

Ce jeudi soir, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a commenté : «Je ne pense pas que le déploiement de troupes [européennes] ait un impact sur la prise de décision du Président et cela n’a aucun impact sur son objectif d’acquérir le Groenland.»

La Russie «sérieusement inquiète» de l’envoi des troupes de l’Otan

La diplomatie russe a fait part ce jeudi de sa «sérieuse inquiétude» concernant l’annonce de l’envoi de troupes supplémentaires de l’Otan au Groenland. «Au lieu de mener un travail constructif dans le cadre d’institutions existantes, en particulier le Conseil de l’Arctique, l’Otan a choisi la voie d’une militarisation accélérée du Nord et renforce là-bas sa présence militaire sous le prétexte imaginaire d’une menace croissante de Moscou et de Pékin», a dénoncé l’ambassade russe à Bruxelles dans un communiqué. De son côté, le ministre allemand de la Défense a tenu à préciser ce jeudi que «l’Otan n’autorisera pas la Russie ni la Chine à utiliser l’Arctique à des fins militaires».

Dans d’autres parties de l’Arctique, la présence militaire russe, en collaboration avec la Chine, s’est accrue depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. La Russie utilise notamment le passage du nord-est, qui relie l’Europe à la Chine, pour faire transiter les pétroliers de sa flotte fantôme.

Le Danemark acte un «désaccord fondamental» avec les Etats-Unis

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a acté ce jeudi l’existence d’un «désaccord fondamental» avec les Etats-Unis sur l’avenir du Groenland, dans la lignée de la rencontre entre les dirigeants des deux pays à Washington la veille.

Les deux pays ont convenu de mettre en place un groupe de travail mais «cela ne change rien», a-t-elle commenté, «car l’ambition américaine de prendre le contrôle du Groenland reste intacte». «Il s’agit d’une situation grave et nous poursuivons donc nos efforts pour empêcher que ce scénario ne se réalise», a-t-elle ajouté.

De son côté, le ministre danois de la Défense a déclaré à la chaîne de télévision danoise DR que l’objectif de l’opération «Arctic Endurance» était «d’établir une présence militaire plus permanente» au Groenland grâce à «une rotation» des forces militaires des pays alliés de l’Otan sur le territoire.

Ce jeudi soir, le cabinet de Mette Frederiksen a annoncé qu’elle rencontrerait vendredi une délégation de sénateurs et représentants américains, pour la plupart démocrates. Le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, sera également présent.

Le Premier ministre groenlandais prône la voie du dialogue

Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a annoncé sur Facebook ce jeudi que «le dialogue et la diplomatie sont la bonne voie à suivre, y compris lorsque les intérêts sont importants et que la pression est palpable».

Il s’est félicité que le dialogue soit maintenant «en cours» après la rencontre de mercredi entre les ministres danois et groenlandais des Affaires étrangères avec le vice-président américain, JD Vance, et le secrétaire d’Etat, Marco Rubio.

Mise à jour à 16 h 17 avec le Premier ministre groenlandais et l’envoi d’un soldat néerlandais ; à 20 h 40 avec l’annonce de la venue d’une délégation américaine à Copenhague vendredi et le commentaire de Karoline Leavitt sur le déploiement européen.

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