Il s’est réveillé. Le président américain a de nouveau mis la pression sur le régime iranien, ce mercredi 28 janvier, afin que ce dernier signe un accord l’engageant à ne pas se doter d’un arsenal nucléaire – «PAS D’ARMES NUCLÉAIRES» – sans mentionner, comme il le faisait ces dernières, la violente répression contre les manifestants anti-régime, qui a fait au moins 6 000 morts.
Peu après la mise en garde du président américain, son chef de la diplomatie Marco Rubio a estimé quant à lui que l’Iran était «plus faible que jamais» et dit s’attendre à ce que les manifestations reprennent à terme.
Reportage
«Une armada massive se dirige vers l’Iran. Elle se déplace rapidement, dotée d’une grande puissance», a-t-il assuré, en référence au déploiement du porte-avions Abraham Lincoln dans le golfe Persique, ce lundi. Le milliardaire d’extrême droite décrit le bâtiment naval et son escorte comme une flottille «plus large que celle envoyée au Venezuela» pour renverser le président Maduro, le 3 janvier 2026. «Le temps est compté», presse-t-il, engageant l’Iran à venir «à la table» des négociations sur le nucléaire pour définir «un accord juste et équilibré».
Trump menace le régime des mollahs d’une attaque «bien pire» que les frappes du mois de juin, dans un message conclu… d’une formule de politesse («Merci de l’attention que vous porterez à ce problème»).
De son côté, le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé mercredi que les jours du régime iranien étaient «comptés», estimant même que «cela pourrait se compter en semaines».
«Comme jamais auparavant»
La réponse de Téhéran ne s’est pas faite attendre : «l’Iran est prêt pour un dialogue fondé sur le respect mutuel et les intérêts communs — MAIS S’IL EST ACCULÉ, LE PAYS SE DÉFENDRA ET RÉPONDRA COMME JAMAIS AUPARAVANT», a souligné la représentation de l’Iran à l’ONU sur X.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a ensuite affirmé que l’armée de son pays était prête «le doigt sur la gâchette» à riposter à toute attaque américaine. «Nous répondrons immédiatement et avec puissance à TOUTE agression contre notre terre, notre espace aérien et nos eaux bien-aimés», a-t-il poursuivi.
Le dirigeant iranien n’a toutefois pas exclu des négociations sur le programme nucléaire de l’Iran, expliquant que le pays «a toujours accueilli favorablement un ACCORD NUCLEAIRE mutuellement bénéfique, juste et équitable — sur un pied d’égalité, et à l’abri de toute coercition, menace et intimidation — qui garantisse les droits de l’Iran à une technologie nucléaire PACIFIQUE et assure l’absence TOTALE D’ARMES NUCLEAIRES».
Interview
Des analystes estiment que les options envisagées par Washington incluent des bombardements de sites militaires ou des frappes ciblées contre des dirigeants pour faire tomber le pouvoir, aux commandes depuis la Révolution islamique de 1979.
Pour conjurer la menace d’intervention, l’Iran multiplie les contacts diplomatiques. Le président Massoud Pezeshkian s’est entretenu avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui lui a assuré que Ryad n’autoriserait pas l’usage de son territoire pour une attaque contre l’Iran. Côté qatari, le Premier ministre et chef de la diplomatie, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, a réitéré auprès de Ali Larijani, un proche conseiller du guide suprême iranien, «le soutien du Qatar à tous les efforts visant à la désescalade».
«Désescalade»
Au Caire, le ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty a parlé à la fois avec Abbas Araghchi et l’émissaire américain Steve Witkoff, soulignant l’importance de «travailler à la désescalade». «Il est mauvais de relancer la guerre», a pour sa part affirmé le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan. Le représentant chinois à l’ONU Fu Cong a de son côté mis en garde mercredi le Conseil de sécurité contre tout «aventurisme militaire» en Iran.
Dans le même temps, l’Iran a prévenu qu’il considérerait les pays voisins comme «hostiles» si leur territoire était utilisé pour le frapper. Un haut responsable des forces navales des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, a menacé d’un blocage du détroit d’Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et gaz naturel liquéfié.
De son côté, le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé ce mercredi que les jours du régime iranien étaient «comptés», estimant même que «cela pourrait se compter en semaines».




