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Donald Trump reçoit Benjamin Nétanyahou en Floride pour l’avenir de la trêve à Gaza

Alors que l’avancée de la deuxième phase du cessez-le-feu semble dans l’impasse, le locataire de la Maison Blanche rencontre ce lundi 29 décembre le Premier ministre israélien, dans son domaine de Mar-a-Lago. Leurs échanges devraient se concentrer sur la prochaine étape du «plan de paix».

Donald Trump aux côtés de Benyamin Nétanyahou à l'aéroport international Ben Gourion de Lod, en Israël, le 13 octobre 2025. (Evelyn Hockstein/REUTERS)
Publié le 27/12/2025 à 16h32, mis à jour le 29/12/2025 à 10h38

Alors que Volodymyr Zelensky vient à peine de quitter la Floride, c’est au tour de Benjamin Nétanyahou de rencontrer le milliardaire républicain. Le Premier ministre israélien est attendu ce lundi 29 décembre dans la soirée aux Etats-Unis où il sera reçu par son grand allié Donald Trump. Et l’agenda de cet échange s’annonce chargé. Nucléaire iranien, Syrie, désarmement du Hezbollah libanais, les sujets ne manquent pas pour cette cinquième rencontre entre les deux hommes depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, il y a près d’un an. Mais leurs discussions devraient se concentrer sur la phase 2 du cessez-le-feu à Gaza - en vigueur depuis octobre - sur laquelle Washington s’impatiente.

Cette nouvelle étape prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait progressif de l’armée israélienne de Gaza, la mise en place d’une autorité de transition et le déploiement d’une force internationale de stabilisation.

Une deuxième phase qui piétine

Succès de la première année de son nouveau mandat, comme le milliardaire républicain se plaît à le revendiquer, le cessez-le-feu à Gaza, prévu par un plan de paix supervisé par Donald Trump, est entré en vigueur en octobre. Bien que des bombardements israéliens continuent de pleuvoir sur l’enclave palestinienne, et que le retrait de l’armée israélienne ne respecte pas les termes du contrat, c’est surtout le difficile passage à la seconde phase du plan états-unien qui inquiète Washington.

L’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, et le gendre du président, Jared Kushner, ont pour cela reçu des représentants du Qatar, de l’Egypte et de la Turquie, médiateurs dans ce conflit, en décembre à Miami, appelant à accélérer la cadence pour lancer cette nouvelle étape. Le moment de la rencontre est «extrêmement important», a estimé Gershon Baskin, militant pacifiste israélien et médiateur informel impliqué depuis plus de dix ans dans la libération d’otages. «Il faut que débute la deuxième phase. Il y a même du retard, je pense que les Américains en sont conscients, parce que le Hamas a eu trop de temps pour rétablir sa présence», a-t-il ajouté. «Les Américains ne veulent certainement pas que cette situation perdure».

D’après le média américain Axios, citant des responsables de la Maison Blanche, l’administration Trump veut annoncer le plus rapidement possible un gouvernement de technocrates palestiniens - l’autorité de transition prévue pour Gaza. Le site internet souligne que de hauts responsables américains sont «de plus en plus frustrés par les mesures de Benyamin Nétanyahou qui sapent le fragile cessez-le-feu et le processus de paix».

L’accent mis sur l’Iran

Benjamin Nétanyahou de son côté, devrait mettre l’accent sur l’Iran, redoutant une reconstruction de son programme nucléaire et de ses capacités militaires en termes de missiles balistiques. En juin, les deux ennemis s’étaient livrés une guerre de 12 jours, déclenchée par des frappes israéliennes visant notamment des sites nucléaires iraniens. Les Etats-Unis étaient intervenus, avec des frappes similaires et l’Iran avait répliqué avec des attaques de drones et de missiles.

Dans un entretien publié samedi 27 décembre, le président iranien Massoud Pezeshkian a encore estimé que les Etats-Unis, Israël ainsi que les Européens menaient une «guerre totale» contre la République islamique. A l’approche des législatives de l’automne 2026, la rencontre avec Donald Trump sera l’occasion pour le dirigeant israélien de concentrer les regards sur l’Iran, et ainsi de détourner l’attention «des difficultés qui l’attendent à domicile», en période électorale, estime l’analyste Yossi Mekelberg. Avec lui, «tout est lié à son maintien au pouvoir».

Mise à jour ce lundi 29 décembre à 10h37, avec l’ajout des attentes de la rencontre.

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