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Efforts diplomatiques avec le Qatar, 139 étrangers arrêtés, un puissant homme d’affaires dans le viseur du pouvoir… L’actu du conflit en Iran ce mardi 3 février

L’essentiel des informations du jour sur la situation dans le pays du Moyen-Orient.

Banderole anti-américaine et anti-israélienne accrochée à un immeuble de la place Palestine à Téhéran, le 27 janvier 2026. (Atta Kenare/AFP)
Publié le 03/02/2026 à 13h17, mis à jour le 03/02/2026 à 21h20

La rédaction de Libération résume les principales actualités du jour en Iran. Le point précédent est à lire ici.

Malgré un drone iranien abattu, des discussions maintenues

Un avion furtif américain a abattu ce mardi un drone iranien qui s’était approché d’un porte-avions américain dans la mer d’Arabie, «en état de légitime défense et pour protéger le porte-avions et le personnel à bord», a expliqué le porte-parole du commandement américain pour la région, le capitaine Tim Hawkins. Ce navire a récemment été déployé dans le Golfe par le président Donald Trump, décidé à accentuer la pression sur l’ennemi iranien au moment où celui-ci étouffait les manifestations et à qui il veut arracher un accord sur le nucléaire. Malgré ces incidents, les pourparlers «restent programmés pour l’instant», a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche

Poursuite des efforts diplomatiques avec le Qatar

Dans la perspective des négociations prévues dans les jours à venir entre l’Iran et les Etats-Unis, le Qatar a affirmé ce mardi que les efforts diplomatiques se poursuivaient «de manière intense» dans la région, dans la perspective d’une désescalade concernant la situation en Iran. «Nous travaillons en tandem avec tous nos voisins et les nations amies avec lesquelles nous collaborons actuellement», a précisé le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, lors d’une conférence de presse à Doha, en citant la Turquie, l’Égypte, Oman et l’Arabie saoudite.

Samedi déjà, le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed ben Abdelrahman al-Thani, avait rencontré à Téhéran le haut responsable iranien de la sécurité, Ali Larijani. Tous deux ont passé en revue les efforts à déployer pour désamorcer les tensions dans la région.

139 ressortissants étrangers arrêtés

Les interpellations au cours du mouvement de protestation qui s’est déclenché en décembre ne concernent pas que les étrangers. Selon l’agence de presse Tasnim, mardi 3 février «il a été établi que 139 personnes interpellées sont des étrangers» dans le centre du pays. Les nationalités de ces personnes n’ont pas été précisées.

Selon Ahmad Negahban, le chef de la police de la ville de Yazd (centre du pays), ces personnes sont impliquées «dans l’organisation, l’incitation et la conduite des émeutes, en contact dans certains cas avec des réseaux à l’extérieur» de l’Iran.

La justice enquête sur un homme d’affaires arrêté pour «incitation aux troubles»

Le pouvoir judiciaire iranien a indiqué ce mardi 3 février poursuivre son enquête sur le puissant homme d’affaires Mohammad Saedinia - arrêté le 13 janvier pour son soutien présumé aux manifestations contre le pouvoir. «L’affaire est toujours à l’instruction», a indiqué le porte-parole du pouvoir judiciaire, Asghar Jahangir, qui a précisé que cette procédure avait été ouverte après des rapports des services de renseignement affirmant qu’il «avait apporté un soutien aux émeutiers».

Propriétaire d’une célèbre marque iranienne de confiserie et d’une chaîne de cafés dans les grandes villes du pays, celui qui a été arrêté pour «incitation aux troubles» disposerait d’une fortune «quasiment égale aux dommages matériels infligés à la capitale» selon l’agence de presse iranienne Fars, sans apporter plus de précisions. «S’il est prouvé au tribunal que ses actes ont causé ces dommages, il encourra non seulement des sanctions pénales, mais une indemnisation des dommages sera également prélevée sur ses biens», a ajouté Asghar Jahangir. Parallèlement, le maire de Téhéran, Alireza Zakani, a chiffré à 3 000 milliards de tomans (plus de 19 millions de dollars) les dégâts provoqués par les manifestations dans la ville.

Incendie «maîtrisé» dans un bazar de l’ouest de Téhéran

Le violent incendie qui s’est déclaré ce mardi matin dans un bazar à l’ouest de Téhéran a été «maîtrisé» quelques heures plus tard, a déclaré en début d’après-midi un porte-parole des pompiers de la capitale iranienne, Jalal Maleki, auprès de l’agence de presse officielle Irna. Des «opérations de désenfumage et de contrôle sont en cours», a-t-il précisé. Si l’incendie «n’a jusqu’ici fait aucun blessé», selon Mohammad Behnia, commandant des opérations des services d’urgence de Téhéran, la cause du sinistre reste pour le moment inconnue.

«L’incendie est si important qu’il est visible depuis différents endroits de la ville», a déclaré Jalal Maleki, au démarrage du feu. La télévision a indiqué que les pompiers ont été immédiatement déployés sur le site pour contenir les flammes.

L’Iran doit «respecter» la «révolution», affirme Macron

Le chef de l’Etat français a affirmé que l’Iran doit «respecter son peuple face à la révolution» qui s’est déroulée en janvier et «la répression terrible» des autorités. Selon lui, le pays du Moyen Orient doit aussi «réengager les discussions qui sont attendues» sur le nucléaire, le balistique et la stabilité régionale.

Emmanuel Macron n’a pas plaidé pour un changement de régime à Téhéran, car selon lui, «ça ne se décrète pas dans un micro tendu par le président de la République française». «Je crois à la souveraineté des peuples et donc ce sont les peuples qui changent leurs gouvernants», a-t-il affirmé. Et sur la question d’une possible reprise du dialogue entre l’Iran et les Etats-Unis, il a expliqué qu’il n’y avait aujourd’hui pas «de négociations à proprement parler qui aient repris», tout en apportant son soutien à des pourparlers sur les sujets évoqués.

Les attentes des pourparlers entre l’Iran et les Etats-Unis à Istanbul

La priorité des pourparlers entre l’Iran et les États-Unis qui pourraient avoir lieu ce vendredi à Istanbul est d’éviter tout conflit et de désamorcer les tensions entre les deux parties, a déclaré ce mardi un responsable régional. S’exprimant sous couvert d’anonymat, ce dernier a indiqué que figuraient le Pakistan, l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Égypte, Oman et les Émirats arabes unis parmi les pays invités, bien que le format des réunions reste encore flou.

De son côté, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot a déclaré sur France Télévision que ces pourparlers devaient parvenir à mettre fin à la «répression» en Iran, et que le dossier nucléaire quant à lui devait être examiné dans un second temps. «La première des décisions à prendre, c’est évidemment de mettre fin à cette répression sanglante, de libérer les prisonniers, de rétablir les communications, de rendre sa liberté au peuple iranien, et puis de traiter des questions du nucléaire, des missiles, du soutien aux organisations terroristes», a-t-il déclaré.

Mise à jour à 15 h 14 avec l’ajout des déclarations d’Emmanuel Macron et de la «maîtrise» de l’incendie ; à 21 h 20 avec le drone abattu en mer d’Arabie.
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