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Conc-Ours

« Fat Bear Week » : En Alaska, le roi du gras 2023 est... une reine

Chaque année, le parc national de Katmai décerne le prix de l’ours le plus en chair. Cette année, c’est une femelle baptisée 128 Grazer qui a été couronnée. «Ses cuisses ont la taille d’un tronc», se félicite l’ONG organisant le concours.

Un des oursons de 128 Grazer pêche dans la Brooks River qui traverse le parc national de Katmai, en Alaska. (The Washington Post/The Washington Post via Getty Im)
Publié le 12/10/2023 à 8h57

Toute capitale mondiale qui se respecte organise chaque année une Fashion week, sauf en Alaska... où se tient la «Fat Bear Week», littéralement «semaine de l’ours gras», permettant de couronner l’ursidé le plus replet. Et cette année, le roi du gras 2023 du parc national de Katmai est une femelle ourse brun baptisée 128 Grazer.

«C’est la beauté et la grâce incarnées, de saumons elle s’est tellement gavée. Tu porteras la couronne, seras la couronne ! T’as mangé la couronne ?», plaisante le Service des parcs nationaux américain (NPS) sur Instagram. La plantigrade a écrasé la concurrence dans un face-à-face de poids lourds, remportant quatre fois plus de voix que 32 Chunk.

Ce concours est organisé pour sensibiliser le grand public à la protection des ourse bruns. La compétition comporte aussi une catégorie junior pour récompenser le plus gros ourson. Sans habiter au nord des Etats-Unis, tout le monde peut voter pour son ursidé préféré sur le site de l’organisation, où on peut lire les fiches des candidats et faire son choix.

Le public est appelé à comparer des photos avant /après d’ours bruns qui se gavent de saumons en amont de leur période d’hibernation et à voter sur des face-à-face entre deux ours, le vainqueur se qualifiant pour le tour suivant. Démarré sur le ton de la blague en 2014, le concours fait désormais sensation aux Etats-Unis. Pour l’édition 2023, plus d’1,3 million de votes ont été enregistrés.

«La présence affirmée de 128 Grazer est aussi spectaculaire que ses cuisses de la taille d’un tronc», avait décrit l’ONG de défense de l’environnement Explore, organisatrice du scrutin.

Ce concours est aussi l’occasion d’en apprendre un peu plus sur les ours bruns et leur incroyable métabolisme car l’«ursus arctos» ne conserve pas en permanence sa carrure de catcheur. Au printemps, il est famélique, sa silhouette semble plutôt taillée pour la Fashion week et pendant l’été et l’automne, il gagne jusqu’à 50% de son poids.

Une prise de masse cruciale avant leur hibernation. Pendant cinq mois, les ours se terrent et ne se réveillent jamais, pas même pour boire ou se délester de quoi que ce soit. Grâce au gras accumulé, ils se nourrissent des protéines recyclées de leur propre urée et conservent leur masse musculaire.

Dans cette zone volcanique de l’Alaska, où les saumons sauvages abondent les rivières, plus de 2000 ours dépassent le poids de 550 kilos. Créateur du concours et ancien ranger du parc national de Katmai, Mike Fitz explique qu’un ours du parc peut avaler «plus de 45 kilos» de saumon en une seule journée. De quoi appâter (ou terrasser) les amateurs de sushis…

Le gagnant importe peu, c’est le concours qui compte. «C’est un événement de sensibilisation pour les ours bruns d’Alaska. […] Nous espérons que cette prise de conscience fasse naître une attention pour ces animaux chez les gens», explique Mike Fitz.

Tous les ours bruns de la planète n’ont pas la chance d’être célébrés comme des résidents du parc national de Katmai. Les aménagements urbains ont drastiquement réduit leur habitat naturel et comme cette espèce a une faible capacité de déplacement; les possibilités de se reloger sont donc réduites.

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