En résumé :
- Donald Trump a ciblé la France ce mardi au petit matin : il a menacé les vins et les champagnes hexagonaux d’une taxe de 200 % si Emmanuel Macron ne rejoint pas son «Conseil de la paix». Lundi, l’entourage du président de la République avait estimé que cette entité «soulève des questions majeures quant au respect des principes» de l’ONU.
- En réponse à ces nouvelles menaces, la France a critiqué des pressions «inacceptables et inefficaces» visant à «influencer sa politique étrangère».
- Pour autant, Trump n’en a pas oublié sa fixette sur le Groenland, estimant que les Européens ne vont pas «résister beaucoup» à son projet de s’emparer du territoire autonome danois. Il a aussi affirmé que «beaucoup de réunions» sont prévues sur le sujet en marge du forum économique de Davos, où sont présents les dirigeants européens ce mardi.
- Le président américain a par ailleurs divulgué un SMS d’Emmanuel Macron, dans lequel ce dernier propose d’organiser jeudi un sommet du G7 à Paris, où il pourrait convier «les Russes» «en marge» de la réunion. Une éventualité que le dirigeant français a réfutée dans la journée.
Wall Street termine en forte baisse face aux tensions autour du Groenland
La Bourse de New York a terminé en forte baisse mardi face aux menaces douanières de Donald Trump envers l’Europe dans le cadre de leur contentieux au sujet de la souveraineté du Groenland. Après avoir passé la séance dans le rouge, le S&P 500 a finalement glissé de 2,06%. Le Dow Jones a perdu 1,76% et l’indice Nasdaq est tombé de 2,39%.
Le G7 Finances à l'initiative de la France repoussé à la semaine prochaine
La réunion entre les ministres des Finances du G7, que la France voulait organiser cette semaine pour discuter entre autres des tensions autour du Groenland et du soutien à l’Ukraine, est décalée à «la semaine prochaine», a annoncé le ministre de l’Economie, Roland Lescure, ce mardi soir sur France 2. Les invitations pour le G7 Finances ont bien été envoyées pour ce mercredi, précise le ministère auprès de l’AFP, mais «en raison du sommet de Davos et de pures questions d’agenda et afin de permettre la disponibilité de tous les ministres, le premier G7 Finances [de la présidence française en 2026] se tiendra la semaine prochaine». Au niveau des chefs d’Etat, Emmanuel Macron avait aussi initié un G7, mais Donald Trump a annoncé ce mardi qu’il rejetait l’invitation.
Le ton de Donald Trump plus mesuré que la veille
Au lendemain de déclarations tonitruantes, Donald Trump a adopté un ton plus mesuré concernant le Groenland lors de sa conférence de presse surprise, désormais terminée. «Je pense que nous trouverons un accord qui satisfera l’OTAN et nous-mêmes», a répondu le président américain, interrogé par un journaliste sur les tensions autour de sa quête du territoire arctique appartenant au Danemark. Un changement notable d’attitude, par rapport au SMS qu’il a envoyé lundi au Premier ministre norvégien, dans lequel il affirmait ne plus se sentir «obligé de penser uniquement à la paix». Il en a profité pour réaffirmer ce mardi soir sa position selon laquelle son pays doit prendre le contrôle du Groenland pour des raisons de sécurité nationale.
Sur le front de son «Conseil de la paix» pour l’avenir des Palestiniens, le président américain semble infléchir sa position
Interrogé lors de sa conférence de presse surprise à la Maison Blanche sur cette instance rivale de l’ONU qui inquiète la communauté internationale, Donald Trump est resté évasif, affirmant simplement qu’«il fallait que l’ONU continue». Les Nations unies «n’ont tout simplement pas été très utiles», a tout de même justifié le président américain : «Je suis un grand admirateur du potentiel de l’ONU, mais elle n’a jamais été à la hauteur de son potentiel.» Et de poursuivre, toujours aussi flou : «Je pense qu’il faut laisser l’ONU continuer, car son potentiel est énorme.»
Donald Trump : «J’aime bien Macron, mais il ne va pas rester là très longtemps, comme vous le savez»
Le président des Etats-Unis a rejeté ce mardi soir l’invitation lancée par le président français à une réunion du G7 à Paris jeudi. Interrogé lors d’une conférence de presse pour savoir s’il pourrait s’y rendre, le président américain a répondu : «Non, je ne ferai pas ça. Parce que, vous savez, Emmanuel ne va pas rester là très longtemps. C’est un de mes amis. C’est un type sympa. J’aime bien Macron, mais il ne va pas rester là très longtemps, comme vous le savez.»
«De nombreuses réunions sur le Groenland» prévues à Davos
Après avoir déblatéré pendant plus d’une heure sur tout ce qu’il avait «accompli» depuis son retour au pouvoir il y a un an, Donald Trump a enfin abordé les tensions avec l’Union européenne au sujet du Groenland. En réponse aux questions des journalistes, il a commencé par assurer que les États-Unis avaient «de nombreuses réunions prévues sur le Groenland» lors du Forum économique de Davos cette semaine.
Interrogé sur les messages répétés envoyés par les Groenlandais, qui indiquent clairement ne pas souhaiter faire partie des Etats-Unis, il a rétorqué : «Je ne leur ai pas parlé. Quand je leur parlerai, je suis sûr qu’ils seront ravis.» «Jusqu’où irez-vous pour acquérir le Groenland ?», lui demande alors un journaliste. Réponse : «Vous verrez bien».
A Nuuk, un Groenlandais de 70 ans manifeste tous les jours contre le projet de Donald Trump
Arpentant la neige devant le bâtiment en bois qui abrite le consulat américain à Nuuk, Jens Kjeldsen manifeste seul chaque jour contre les projets de Donald Trump d’annexion du Groenland. «Nous ne voulons pas être envahis», s’est justifié ce charpentier de 70 ans, ancien juge. «Nous voulons rester nous-mêmes. Nous voulons conserver notre liberté. Nous ne voulons être les esclaves d’aucun autre pays», affirme-t-il. Le Groenlandais manifestera jusqu’à dimanche, une perche ornée des drapeaux du Danemark, du Groenland et des îles Féroé, dans les mains. Il espère ainsi faire passer son message aux responsables américains. «Je montre que nous aimons notre pays», explique-t-il, qualifiant son action d’«illustration discrète de qui nous sommes et de qui nous voulons rester». Les visées du président américain sur cette île arctique ? De la «pure vanité», a ironisé Jens Kjeldsen.
Le S&P 500 s'enfonce de plus de 2 % face aux tensions autour du Groenland
Le S & P 500 et le Nasdaq Composite ont chuté ce mardi à leurs plus bas niveaux en un mois, alors que les investisseurs réagissaient négativement aux nouvelles menaces de droits de douane de Donald Trump contre l’Europe. Les deux indices boursiers se sont enfoncés de plus de 2 %. Cette vague d’aversion au risque, qui a également poussé le Dow Jones Industrial Average à son plus bas niveau intraday depuis le 5 janvier, a contribué à propulser l’or vers de nouveaux sommets historiques, a fait baisser les actions à l’échelle mondiale et a laissé les bons du Trésor américain vaciller sous une nouvelle pression à la vente. L’indice S & P 500.SPX et le Nasdaq Composite. IXIC ont tous deux franchi à la baisse leur moyenne mobile à 50 jours, un seuil technique important.
Conférence de presse surprise de Donald Trump attendue ce mardi à 19 heures
La Maison Blanche a annoncé que Donald Trump, revenu au pouvoir il y a exactement un an, serait exceptionnellement présent ce mardi pour le traditionnel briefing des journalistes à la Maison Blanche. Le président américain est attendu devant la presse à 13 heures, heure locale (19 heures, heure de Paris).
Analyse
Trump assure que sans lui, l'Otan serait «tombée dans les oubliettes de l'histoire»
Donald Trump, après avoir multiplié les attaques contre des pays membres de l’Otan, a assuré ce mardi que sans lui, l’alliance de défense transatlantique serait «tombée dans les oubliettes de l’Histoire». «Aucune personne, ou aucun président, n’a fait plus pour l’Otan que le Président Donald Trump. Si je n’étais pas arrivé, il n’y aurait pas d’Otan aujourd’hui !! Elle serait dans les oubliettes de l’histoire. Triste, mais VRAI !!» a écrit le président américain, qui parle fréquemment de lui-même à la troisième personne, sur son réseau Truth Social.
Le billet de Thomas Legrand
Après le Groenland, les îles Chagos dans le viseur de Trump ?
Très actif sur les réseaux sociaux, Donald Trump a également pris le temps ce mardi de s’en prendre au Royaume-Uni. Dans un revirement spectaculaire, il a qualifié de «grande stupidité» la cession britannique de l’archipel des Chagos à l’île Maurice. «Le fait que le Royaume-Uni abandonne une terre extrêmement importante est un acte de GRANDE STUPIDITÉ, et s’ajoute à une très longue liste de raisons de sécurité nationale pour lesquelles le Groenland doit être acquis», a affirmé le président américain.
«De façon stupéfiante, notre ‘’brillant’' allié de l’Otan, le Royaume-Uni, envisage actuellement de céder l’île de Diego Garcia, site d’une base militaire américaine vitale, à Maurice, et de le faire SANS AUCUNE RAISON», a-t-il encore écrit. En mai dernier pourtant, au moment de sa signature, les Etats-Unis avaient salué l’accord permettant de restituer les îles Chagos à l’île Maurice. Le Royaume-Uni a défendu sa décision, tout comme le pays insulaire, qui rappelle que «la souveraineté de la République de Maurice sur l’archipel des Chagos est déjà reconnue sans ambiguïté par le droit international et ne devrait plus être sujette à débat».
Le Canada apporte son soutien au Groenland et au Danemark
Le Premier ministre canadien, présent au Forum économique de Davos, a apporté son soutien au Groenland et au Danemark, face aux menaces de son voisin américain. «Nous soutenons fermement le Groenland et le Danemark et appuyons pleinement leur droit unique de déterminer l’avenir du Groenland.» Mark Carney ajoute que le Canada «s’oppose fermement» aux droits de douane sur le Groenland et appelle à des pourparlers pour résoudre ces divergences de vues.
«Ne perdons pas de temps avec des idées folles», lance Macron
Au forum économique de Davos, le président français a terminé sa séance de questions-réponses par un appel direct à «ne pas perdre de temps avec des idées folles». «N’ouvrons pas la boîte de Pandore et n’abordons pas de nouveaux sujets, a-t-il déclaré. Ce n’est pas le moment pour un nouvel impérialisme ou un nouveau colonialisme». Pour Emmanuel Macron, les trois urgences à régler sont la croissance, la paix, et le climat. «N’acceptons pas un ordre mondial qui sera décidé par ceux qui prétendent avoir… je dirais une voix plus forte… mais concentrons-nous simplement sur les intérêts communs et les défis communs».
«Pour une France forte, il faut que le budget soit adopté», prône Barrot à l'Assemblée
«Quelles mesures concrètes du gouvernement pour renforcer la sécurité en Europe face à la violation du droit international ?», demande Isabelle Rauch (Horizons et indépendants) à Jean-Noël Barrot lors des questions au gouvernement. Le ministre des Affaires étrangères lui renvoie la balle : pour «une France forte, il faut que le budget soit adopté. C’est la condition pour que la voix de la France puisse peser en Europe.» Cette déclaration intervient alors que Sébastien Lecornu s’apprête à déclencher l’article 49.3 et engager la responsabilité de son gouvernement sur la partie recettes du Projet de loi de finances.
La présidence américaine en roue libre
Le compte officiel de la Maison Blanche sur X a reposté tel quel un photomontage publié lundi par Donald Trump sur son réseau Truth Social. Sur cette image réalisée à l’aide de l’intelligence artificielle, on voit le président américain, le vice-président J.D. Vance et le secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Marco Rubio, planté la bannière étoilée au Groenland. Un panneau précise qu’il s’agit désormais d’un «territoire américain» en la date de 2026.
— The White House (@WhiteHouse) January 20, 2026
Le Parlement européen gèle la ratification de l'accord commercial avec les Etats-Unis
Le Parlement européen a décidé de suspendre le processus de ratification de l’accord commercial entre l’Union européenne et les Etats-Unis, en signe de protestation contre les menaces de Donald Trump de s’emparer du Groenland, ont confirmé ce mardi ses principaux groupes politiques. Il y a un «accord majoritaire» des groupes politiques pour geler l’accord commercial conclu l’an dernier entre les Etats-Unis et l’UE, a assuré la présidente du groupe S & D (social-démocrate), Iratxe Garcia Perez, devant des journalistes.
La France soutient cette suspension, a déclaré ce mardi le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, devant l’hémicycle. Cet accord commercial, conclu le 27 juillet dernier entre Washington et Bruxelles, imposait 15 % de droits de douane à l’UE et engageait notamment le continent à 750 milliards de dollars d’achats d’énergie et à 600 milliards d’investissements supplémentaires aux Etats-Unis.
La France ne doit «se priver d’aucun instrument disponible», répète Lescure
Quelles conséquences économiques peuvent avoir les menaces de Trump sur la France ? De quels leviers disposent la France et l’Europe pour y répondre ? Lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale ce mardi, le ministre de l’Economie Roland Lescure a répondu à Marie Lebec (Ensemble) et a affirmé que la France ne doit «se priver d’aucun instrument disponible, rien ne doit être évacué.» «L’objet premier est que cette menace ne soit pas mise à exécution.» Le ministre a salué les propos d’Emmanuel Macron à Davos, et souhaite rapidement une réunion des ministres de l’Economie du G7.
Il n'y a pas de réunion du G7 «prévue» jeudi à Paris, réfute Macron
Le président français a déclaré ce mardi qu’aucune «réunion» du G7 n’était prévue jeudi à Paris, un rendez-vous qu’il avait initialement proposé à Donald Trump dans un SMS rendu public par ce dernier pour tenter d’aplanir les contentieux transatlantiques. «Il n’y a pas de réunion prévue. Il y a une disponibilité de la présidence française à en faire une», a-t-il dit lors d’un échange avec un journaliste de l’AFP en marge du Forum économique mondial à Davos.
Le Groenland doit se préparer à l'éventualité d'une opération militaire étrangère
Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a jugé ce mardi qu’une opération militaire contre le Groenland était «improbable» mais que le territoire convoité par Donald Trump devait y être prêt. «C’est improbable que la force militaire sera utilisée mais ce n’est pas non plus exclu. L’autre partie l’a clairement dit», a déclaré Jens-Frederik Nielsen lors d’une conférence de presse à Nuuk, la capitale groenlandaise. «C’est donc pour cela qu’on doit être prêt à toutes les possibilités mais soulignons-le : le Groenland fait partie de l’Otan et, s’il devait y avoir une escalade, cela aurait aussi des conséquences pour le reste du monde», a ajouté le dirigeant de l’île autonome danoise.
Le Royaume-Uni «inquiet» de l'invitation de Poutine au «Conseil de la paix»
Le gouvernement britannique s’est dit mardi préoccupé par de l’invitation faite au président russe par Donald Trump de rejoindre son «Conseil de la paix», a déclaré un porte-parole de Downing Street, ajoutant que le Royaume-Uni avait également été invité à participer à cette initiative : «Nous sommes inquiets […]. Poutine est l’agresseur dans une guerre illégale contre l’Ukraine et il a prouvé à maintes reprises qu’il n’était pas sérieusement engagé pour la paix.» Londres «examine les modalités» pour rejoindre ce conseil et en discute avec les Etats-Unis et ses autres partenaires internationaux.



