Il s’appelle Alexander Makogonov. Porte-parole de l’ambassade de Russie en France, il est la voix de Poutine dans notre pays. «Bon client» car doté d’une gueule et d’un cynisme glaçants, ce diffuseur professionnel de fake news est régulièrement invité dans les matinales radio et par les chaînes d’info en continu. S’il ne refuse aucune question, chacune de ses réponses est l’occasion pour lui de déverser sa propagande décomplexée. Et pour tout dire on ressent chaque fois un malaise. Faut-il continuer de lui offrir ainsi une tribune ?
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Il y a deux manières d’aborder les choses. La première consiste à affirmer qu’en démocratie, c’est la fierté d’un média libre que d’inviter tous les protagonistes d’un conflit aussi majeur que celui déclenché par la Russie en Ukraine. Il serait même d’intérêt public d’entendre Alexander Makogonov. Mais on peut aussi se demander si offrir son audience à l’agent d’influence d’une puissance ennemie de l’Europe a un autre intérêt que la recherche de l’audimat. Son métier consiste en effet à déformer le réel autant que nécessaire pour imposer le narratif du Kremlin sur la lutte de Poutine contre ces «nazis» d’Ukrainiens. Un homme qui, à chaque crime de guerre documenté par les reporters présents au plus près du terrain, explique froidement, sourire en coin, qu’il s’agit d’une manipulation fourbe de Zel




