Ils se sentent cernés. Par le béton, les autoroutes, les loyers et les touristes. Ils se sentent délaissés. Par les autorités et la génération Z. Cette fois, les clubs de Berlin sont vraiment asphyxiés. «Moi, je suis encore vivant», ironise à peine Dimitri Hegemann, le fondateur du légendaire Tresor, le temple de la techno dans les années 90. «Mais les clubs, en revanche, sont en train de mourir. S’il ne se passe rien, nous allons avoir de gros problèmes», prévient-il.
Le Cookies, le Bunker ou le E-Werk ont disparu depuis longtemps, chassés du centre par les hôtels, les banques et les tours de bureaux. L’expulsion en 2020 du Griessmuehle, un club techno installé en périphérie dans une ancienne usine désaffectée de pâtes alimentaires, a marqué le début de la série noire. Le Mensch Meier, le Re:mise ont fermé en 2023 puis le légendaire Watergate le 1er janvier 2025. Début décembre, le Jonny Knüppel, dans le quartier de Kreuzberg, a organisé un appel aux dons pour sauver le club. Il s’agit de «maintenir une utopie en vie», commentait du quotidien berlinois Der Tagesspiegel.
Même les clubs queers qui avaient pignon sur rue ne sont pas épargnés. La fermeture en octobre du SchwuZ, créé en 1977, a été un choc pour une ville qui se défini




