Des tulipes, des roses blanches et des bougies rouges. Et surtout, un immense silence. Jeudi 1er janvier, la stupeur régnait dans les rues de Crans-Montana, la station de ski suisse huppée où l’incendie d’un bar a fait une quarantaine de morts pendant la soirée du réveillon, pour la plupart âgés d’une vingtaine d’années.
Dans sa tenue de monitrice de ski rouge, Evangelina Sheperd vient de terminer sa journée sur les pistes et s’approche de la petite estrade qui s’est improvisée devant les grands paravents blancs et les rubalises qui encerclent désormais l’établissement. Evangelina a 18 ans, elle habite Crans et elle connaît très bien «le Constel», comme on dit dans le village. «C’est l’endroit où tous les jeunes vont, c’est notre tradition, raconte la jeune femme. C’est dramatique pour les jeunes du coin. On ne devrait jamais commencer une nouvelle année comme ça.» Dans le village, quand la nouvelle de l’incendie s’est répandue en pleine nuit de la Saint-Sylvestre, «tous les parents ont appelé leurs enfants pour savoir où ils étaient», poursuit son ami Rodrigo Bra Rosa, 19 ans.
Autour d’Evangelina et Rodrigo, une dizaine de personnes sont aussi rassemblées dans le froid. Des membres de la cellule de soutien psychologique se tiennent eux à distance. Nombreux sont ceux qui vont leur parler, à voix basse. Car tout le monde a vu les vidéos du drame, diffusées sur les réseaux sociaux ou de téléphone portable en téléphone portable. Des scènes extrêmement dures o




