Combien de morts depuis vendredi à la frontière de Melilla, lorsque des centaines de migrants africains ont tenté de passer en force la frontière grillagée séparant le Maroc de l’Espagne ? Au moins 23, affirment les autorités marocaines. Au minimum 37, dont deux gendarmes marocains, rétorquent diverses ONG. Une information férocement niée par la monarchie alaouite. L’organisation espagnole Caminando Fronteras et l’Association marocaine pour les droits humains, l’AMDH, ont exigé que l’Union européenne mène une «enquête globale, rapide et sérieuse». Et demandé à Rabat de retarder toute inhumation avant que ce travail soit fait.
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Samedi, des corps jonchaient l’entrée sud-est de Melilla, au niveau de ce qu’on appelle le «Barrio chino» («le quartier chinois»), un renfoncement hérissé d’un barbelé haut de six mètres, qui a été fatal aux migrants.
Depuis des années, des milliers de migrants subsahariens tentent la périlleuse escalade après une traversée par le désert et une escale dans les pinèdes du mont Gurugu.
Le 2 mars, déjà, 2 500 personnes s’étaient engagées dans cette entreprise, et 491 avaient pu pénétrer en territoire espagnol, garantie de permanence sur le sol européen. Vendredi, le scénario était similaire : ils étaient entre 1 500 et 2 000 Africains (dont beaucoup de Soudanais et de Tchadiens) à courir en direction




