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Guerre en Ukraine

Zelensky face au Conseil de sécurité : «L’humanité n’a plus confiance en l’ONU» pour défendre les frontières d’un pays

Le président ukrainien a dénoncé ce mercredi devant le Conseil de sécurité de l’ONU le fait que la Russie soit toujours membre permanent de cette instance malgré «l’agression criminelle» qu’elle perpètre dans son pays.

Volodymyr Zelensky devant l'assemblée générale annuelle de l'ONU à New York, le 19 septembre 2023. (Timothy A. Clary/AFP)
Publié le 20/09/2023 à 18h49, mis à jour le 20/09/2023 à 18h59

Une «agression criminelle» de la Russie en Ukraine, c’est ce que dénonce Volodymyr Zelensky mercredi 20 septembre au Conseil de sécurité de l’ONU. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a directement interpellé la Russie lors d’une rare adresse mercredi 20 septembre au Conseil de sécurité de l’ONU, dénonçant «le blocage» de l’instance onusienne en raison du droit de veto russe et l’invasion de l’Ukraine par Poutine. «La plupart des pays du monde reconnaissent la vérité sur cette guerre», a martelé Zelensky qui faisait face à l’ambassadeur russe à l’ONU Vassili Nebenzia assis devant lui. «Il s’agit d’une agression criminelle et injustifiée de la Russie contre notre nation, qui vise à s’emparer du territoire et des ressources de l’Ukraine».

Zelensky a appelé l’ONU à retirer à la Russie son droit de veto au Conseil de sécurité, parlant d’une réforme majeure nécessaire, affirmant que «le droit de veto aux mains de l’agresseur bloque l’ONU». «Il est impossible d’arrêter cette guerre car tous les efforts font face au veto de l’agresseur ou de ceux qui soutiennent l’agresseur», a-t-il ajouté.

«Depuis le début de l’agression lancée par un Etat qui est toujours un membre permanent du Conseil de sécurité, des milliers d’Ukrainiens ont été tués et des milliers de personnes ont été déplacées», a-t-il également dénoncé, fustigeant le droit de veto de la Russie. Il a par ailleurs remercié «ceux qui ont reconnu la violation de la Russie […] en fournissant des armes, en imposant des pressions et en votant des résolutions de l’Assemblée générale» des Nations unies. «Mais cela n’a rien changé pour la Russie.» Et Zelensky de dresser le constat suivant : «L’humanité n’a plus confiance en l’ONU lorsqu’il s’agit de défendre les frontières souveraines d’une nation.»

Divisions

Auparavant, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, prenant la parole en premier, a lui aussi dénoncé le conflit qui «aggrave les crises géopolitiques et les divisions» dans le monde, appelant notamment la Russie à revenir dans l’accord sur l’exportation de céréales ukrainiennes duquel Moscou s’est retiré. Signe d’une ambiance tendue, l’ambassadeur russe s’est plaint au début de la réunion que le président ukrainien soit autorisé à parler avant les autres membres du Conseil, dénonçant une instance «transformée en one-man show» et en «spectacle». Ce à quoi le Premier ministre albanais Edi Rama, qui assure la présidence du Conseil a répliqué: «Arrêtez la guerre et le président Zelensky ne prendra plus la parole».

Alors que la guerre en Ukraine s’enlise, le président ukrainien a poursuivi mercredi son offensive diplomatique à New York où sont réunis les grands dirigeants de ce monde, en l’absence notable du Chinois Xi Jinping, du Russe Vladimir Poutine, du Français Emmanuel Macron et du Britannique Rishi Sunak.

La réunion de mercredi a été soigneusement calibrée et se déroule au plus haut niveau en présence de nombreux dirigeants. C’est la première fois depuis le début de l’invasion russe de son pays, le 24 février 2022, que le président Zelensky s’exprime en personne devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

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