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«Accepter de perdre ses enfants» ? Le monde se réarme, la France regarde ailleurs 

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Le discours choc du général Fabien Mandon n’a fait que souligner ce décalage entre l’urgence dans laquelle le monde nous a plongés et le refus de l’Hexagone de se confronter au réel. Il est temps que l’opinion publique comprenne la nécessité de renforcer l’armée.

Lors des répétitions pour le défilé du 14 Juillet, à Paris cet été. (Carine Schmitt/Hans Lucas. AFP)
ParJean Quatremer
Correspondant européen
Publié le 20/11/2025 à 19h28

La France n’est pas prête à la guerre. Alors qu’un conflit se déroule aux portes de l’Union depuis 2022, qu’une confrontation avec la Russie est jugée probable par l’Otan et les services de renseignements européens d’ici trois à quatre ans, que les Etats-Unis ont retiré leur garantie de sécurité à l’Europe, l’Hexagone semble vivre dans un rêve de paix éternelle. Un rêve où le débat politique ne bruisse que de l’âge de la retraite ou de la recherche du magot mythique qui permettra de continuer à dépenser sans compter. Avec son discours choc devant les maires, le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, évidemment sur instruction du chef de l’Etat, chef des armées, n’a fait que souligner ce décalage entre l’urgence vitale dans laquelle le monde nous a plongés et un pays refusant obstinément de se confronter au réel et se croyant à l’abri de la nouvelle ligne Maginot qu’est la force nucléaire.

Réarmement trop lent

Dans l’Etrange défaite, l’historien Marc Bloch pointait, parmi les causes de l’effondrement de l’armée française en juin 1940, pourtant considérée comme la première arm

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