Pour quelques tonnes de bœuf de plus, Emmanuel Macron va-t-il sacrifier son bilan européen, dont il n’avait pas à rougir jusque-là, en enterrant l’accord commercial avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) ? Jeudi, à l’ouverture du sommet européen de Bruxelles, le chef de l’Etat a adopté un ton surprenant, qui n’avait rien à envier à celui qu’emploie habituellement l’europhobe Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois. «Le compte n’y est pas, cet accord ne peut être signé en l’état», a-t-il martelé. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, qui espérait obtenir l’autorisation de se rendre samedi au Brésil pour signer ce traité conclu politiquement il y a un an, a annoncé jeudi soir son report à janvier. «Si aujourd’hui, il y a une volonté de passage en force […] la France s’y opposera», avait menacé le Président plus tôt. «On doit être respecté […]. Je n’aime pas qu’on balade les gens, donc je ne vais pas balader nos agriculteurs.»
Emmanuel Macron savait sans doute, en adoptant ce ton martial, qu’il n’y aurait pas de «passage en force», puisqu’il a réussi à convaincre, en amont du sommet, l’Italie de Giorgia Meloni




