Le chancelier a-t-il encore le sens des réalités ? Ecoute-t-il encore ses conseillers à Berlin ? Moins d’un an après la formation de son gouvernement, Olaf Scholz donne l’impression de prendre des décisions dans une tour d’ivoire loin des préoccupations de ses administrés et des inquiétudes de ses alliés européens.
Dernier exemple en date, le projet de prise de participation chinoise dans l’exploitation d’un terminal du port de Hambourg, dont il a été maire, où un conteneur sur trois provient ou est destiné à la Chine. Malgré l’opposition de six ministres de son gouvernement, le chancelier n’a pas abandonné l’idée de céder une partie de cette infrastructure critique. Un positionnement plein de signification alors qu’il se rend en voyage officiel à Pékin en fin de semaine prochaine. «Il n’est pas bon de couper les ponts avec certains pays, avec qui nous devons continuer à faire des affaires. Je pense aussi à la Chine», s’est-il justifié la semaine dernière devant des industriels allemands. Alors même que l’Europe aspire à plus de souveraineté, le chancelier a confirmé des positions libérales qui ont divisé le Parti social-démocrate (SPD) depuis les années Schröder.




