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Allemagne : un conspirationniste d’extrême droite arrêté pour un projet d’attentat contre Olaf Scholz et Angela Merkel

Un ressortissant germano-polonais, qui appartiendrait au réseau du «milieu des Reichsbürger», a été placé en détention provisoire ce mardi, soupçonné d’avoir préparé des tentatives d’assassinat contre des politiques allemands.

A Francfort, en novembre. L’individu, identifié uniquement sous le nom de Martin S., a été arrêté lundi soir dans la ville de Dortmund, dans l’ouest de l’Allemagne. (Boris Roessler/dpa Picture-Alliance. AFP)
Publié le 11/11/2025 à 16h43

Une liste de «condamnations à mort», des primes en échange d’assassinat, des instructions pour fabriquer des engins explosifs… Un citoyen germano-polonais, soupçonné d’avoir administré un site sur le Dark Web incitant au meurtre de personnalités politiques allemandes, a été placé en détention provisoire, a annoncé ce mardi 11 novembre le parquet général. L’individu, identifié uniquement sous le nom de Martin S., a été arrêté lundi soir dans la ville de Dortmund, dans l’ouest de l’Allemagne. Il est accusé de crimes graves contre l’Etat.

« Individu isolé »

Une source informée de l’avancée des investigations a affirmé auprès de l’AFP que le suspect serait un Reichsbürger, c’est-à-dire un «citoyen du Reich». Cette mouvance hétéroclite et conspirationniste d’extrême droite nie la légitimité de la république fédérale d’Allemagne et est impliquée dans plusieurs dossiers de complots en vue de commettre assassinats et coups d’Etat. D’après le responsable interrogé par l’AFP, il s’agirait néanmoins «d’un individu isolé» qui avait pour cibles premières les anciens chanceliers Olaf Scholz et Angela Merkel.

Son site web, invisible pour les navigateurs ne disposant pas d’un logiciel spécial, était en ligne depuis au moins juin 2025. Dessus, il aurait appelé «à commettre des attentats contre des hommes politiques, des responsables publics et des personnalités de la vie publique en Allemagne», affirme la même source. A cette fin, il a publié les noms de ses cibles potentielles, prononcé des «condamnations à mort» et diffusé des instructions pour fabriquer des engins explosifs. Il a également sollicité des contributions en cryptomonnaie pour verser une «prime» en cas d’assassinat.

«Extrémiste dangereux»

Le parquet n’a pas précisé s’il disposait d’armes ou d’explosifs pour mettre ses menaces à exécution. «L’accusé comparaîtra aujourd’hui devant un juge d’instruction, qui décidera s’il y a lieu de délivrer un mandat d’arrêt», ont ajouté les procureurs dans leur communiqué.

L’Allemagne a démantelé ces dernières années plusieurs réseaux complotistes ou d’extrême droite suspectés de vouloir s’en prendre aux institutions et aux dirigeants du pays. Le cas le plus emblématique a été le démantèlement en décembre 2022 d’un groupe accusé d’avoir préparé un coup d’Etat et appartenant à cette même nébuleuse des Reichsbürger. Trois procès distincts ont débuté au printemps 2024, dont celui du meneur, un aristocrate allemand, Henri XIII, dit «Prince Reuss», et d’anciens soldats d’élite.

En mai, le gouvernement du chancelier Friedrich Merz a dissout l’organisation «Royaume d’Allemagne», un collectif de Reichsbürger vivant en dehors des cadres institutionnels et qualifié «d’extrémiste dangereux».

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