A la veille du quatrième anniversaire d’une «opération spéciale» qui ne devait durer que quelques jours, le Kremlin semble moins prêt que jamais à mettre fin à une guerre dévastatrice. Pour l’Ukraine, en premier lieu, pilonnée sans relâche. Mais également pour la Russie, décrypte la sociologue Anna Colin Lebedev, maîtresse de conférences à l’université Paris-Nanterre et chercheuse à l’Institut des sciences sociales du politique. Russie qui sacrifie aux ambitions impérialistes de Vladimir Poutine des dizaines de milliers d’hommes, envoyés au front comme de la chair à canon ; son économie qui ne tient plus que sur la guerre ; et son avenir, en s’isolant toujours plus de ses alliés historiques européens, aussi bien matériellement, que mentalement, par la propagande.
Où en est-on dans cette guerre, qui dure depuis quatre ans ? Donald Trump se plaît à dire que la paix n’a jamais été aussi proche…
Alors que plus que jamais, cette guerre a l’air d’être inscrite dans la durée. La Russie n’est pas en capacité d’arriver militairement à ses fins, les deux côtés subissent des pertes importantes, mais les Ukrainiens continuent de tenir le coup. On se projette peut-être sur un cessez-le-feu, un changement d’intensité ou de nature du conflit, mais rien ne semble en rapprocher le règlement. Malgré la mise en scène, la Russie n’est absolument pas engagée dans un processus de négociation, elle n’a jamais bougé de ses positions ou fait le moindre pas vers des concessions. Les lignes rouge




