Derrière le comptoir de son bar du XIe arrondissement, Jorge Fernandes s’agite. D’un geste coutumier, il décapsule cinq bières Super Bock qu’il tend à ses clients – des habitués. «Il paraît qu’il n’y a ni lumière, ni électricité, ni eau», s’inquiète Antonio, avant d’avaler sa première gorgée. Tous sont franco-portugais, issus de différents villages du district de Leiria, dans le centre du pays. Chaque soir, le petit groupe a pris l’habitude de se retrouver dans ce pub pour «parler du patelin» ou faire des paris sportifs. Dans un coin du bistrot, trône une imposante pièce de porc, accompagnée d’une grande bouteille d’aguardente (une eau-de-vie portugaise), en témoignage discret des origines qui les lient. Comme un ancrage, Jorge Fernandes, gérant de l’établissement depuis vingt-trois ans, a gravé sur le bois de son comptoir en lettres dorées le nom de son village portugais, Pombal.
Mais depuis la nuit du mardi 27 au mercredi 28 janvier, Pombal n’est plus seulement un souvenir gravé dans le bois. La tempête Kristin puis




