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Restrictions

Au Royaume-Uni, le gouvernement Starmer assume un nouveau tour de vis anti-immigration

Sous la pression du parti d’extrême droite de Nigel Farage, le gouvernement travailliste entend réduire la protection accordée aux réfugiés et supprimer leur accès automatique aux aides sociales.

La ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, le 29 septembre 2025 à Liverpool. (Phil Noble/REUTERS)
Publié le 16/11/2025 à 8h36

«Ce pays a une fière tradition d’accueil des personnes fuyant le danger, mais notre générosité attire les migrants illégaux à travers la Manche.» C’est par ces mots que la ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a annoncé samedi 15 novembre un nouvel ensemble de mesures limitant l’arrivée d’immigrants au Royaume-Uni. Pour tenter de contrer la montée du parti anti-immigration de Nigel Farage, deux mesures phares ont été annoncées par des communiqués du ministère, en attendant la présentation du plan détaillé devant le Parlement, lundi 17 novembre.

Le gouvernement va d’abord réduire la protection accordée aux réfugiés, qui seront «forcés de rentrer dans leur pays d’origine dès qu’il sera jugé sûr». Le nouveau système réduira la durée de leur séjour de cinq ans à trente mois, et multipliera par quatre, de cinq à vingt ans, le délai nécessaire pour demander à devenir résident permanent. Les réfugiés qui souhaitent devenir résidents permanents plus vite «devront travailler ou étudier».

L’autre mesure phare est la suppression de l’accès automatique aux aides sociales – logement, allocations financières – pour les demandeurs d’asile. Le gouvernement veut supprimer ces aides «pour ceux qui ont le droit de travailler et qui peuvent subvenir à leurs besoins, mais choisissent de ne pas le faire, ou pour ceux qui enfreignent la loi», selon le communiqué.

Au Royaume-Uni, la restriction de la protection des réfugiés était une mesure jusqu’ici défendue par Nigel Farage, qui avait annoncé qu’en cas d’arrivée au pouvoir, il obligerait les migrants – y compris ceux déjà régularisés – à demander un visa tous les cinq ans. La gauche du Parti travailliste s’était dite opposée à de telles restrictions, et avait prévenu que la formation, au plus bas dans les sondages, y perdrait de nombreux électeurs.

Devancé par Farage

Arrivé au pouvoir en juillet 2024, le gouvernement de Keir Starmer est sous pression quasi quotidienne pour freiner les arrivées de migrants et restreindre leurs droits. Depuis plusieurs mois, il est largement devancé dans les sondages par le parti Reform UK de Nigel Farage, qui a fait de la question des migrants son sujet principal. Depuis son arrivée au pouvoir, le Labour n’a pas réussi à communiquer efficacement sur ses accomplissements. Et s’enferme dans la rhétorique anti-immigration de ses prédécesseurs sans aucun effet pour l’instant sur la tentation d’un vote Reform UK.

Cet été, de nombreuses manifestations ont eu lieu devant des hôtels hébergeant des demandeurs d’asile et une manifestation organisée par l’extrême droite à Londres mi-septembre a réuni jusqu’à 150 000 personnes selon la police.

Dans ce contexte, le gouvernement travailliste a promis de faire baisser le nombre de migrants qui traversent la Manche à bord d’embarcations de fortune. Sans succès pour l’instant. En juillet, la France et le Royaume-Uni ont acté le principe «une entrée, une sortie» – un migrant renvoyé pour un migrant accueilli. Cet accord prévoit le retour en France de migrants arrivés à bord de petites embarcations au Royaume-Uni, en échange de l’envoi outre-Manche de migrants se trouvant en France.

Depuis le 1er janvier, 39 292 personnes ont débarqué sur les côtes anglaises à l’issue de cette périlleuse traversée, un chiffre qui dépasse le total de l’année 2024 (36 816). Par ailleurs, les demandes d’asile ont augmenté de 18 % en 2024 au Royaume-Uni, alors qu’elles baissaient de 13 % dans l’ensemble de l’Union européenne sur la même période, selon les chiffres du gouvernement. Plus de 400 000 demandes ont été enregistrées depuis 2021, contre 150 000 sur la période 2011-2015, toujours selon les chiffres officiels.

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