L’ascension du Grossglockner, le plus haut sommet d’Autriche qui culmine à 3 798 mètres d’altitude, a viré au drame dans une funeste nuit de janvier 2025. Kerstin, une alpiniste de 33 ans est morte par hypothermie après que son compagnon l’a abandonnée sans protection et épuisée en haut de la montagne afin d’aller chercher de l’aide. Ce dernier a été condamné, jeudi 19 février au soir, à cinq mois de prison avec sursis pour homicide volontaire par négligence aggravée, par la justice autrichienne.
L’homme de 37 ans, qui a plaidé non coupable devant le tribunal d’Innsbruck au Tyrol (dans l’ouest du pays) et avait entrepris l’ascension hivernale avec sa compagne en janvier 2025, doit aussi payer une amende de 9 400 euros et peut encore faire appel.
Vents violents jusqu’à 72 km/h
Thomas et Kerstin «avaient démarré l’ascension le 18 janvier dans la matinée», selon La Dépêche. «Au cours de leur périple, les conditions météorologiques se sont progressivement détériorées», ajoute le quotidien, jusqu’à ce que les températures tombent à 9 °C dans la nuit «ressenti -20 °C avec des vents violents allant jusqu’à 72 km/h». Et c’est à deux heures du matin, alors que le couple se trouvait à une cinquantaine de mètres du sommet, que le jeune homme a laissé sa compagne, dans le but «d’aller chercher de l’aide» a expliqué le prévenu. Laissée en état d’hypothermie et sans protection, Kerstin est retrouvée morte le lendemain matin par les secours.
Si l’avocat de l’accusé pointe un «accident tragique», le procureur général Hansjörg Mayr oppose au trentenaire le concept de «guide touristique agissant à titre gracieux», rapporte la Dépêche. Sur des excursions risquées comme celles-ci, ce terme souligne en effet la responsabilité de la personne qui a le plus d’expérience et de connaissances. Le procureur reproche ainsi à Thomas d’avoir manqué à ses responsabilités en tant qu’alpiniste expérimenté alors que la défunte était «à mille lieues» de son niveau, explique la juge.
Une expérience similaire avec une ex-compagne
L’enquête suggère que la victime était équipée de «chaussures de snowboard», inadaptées pour ce type de sortie. Il est également reproché à Thomas de ne pas s’être signalé lors du passage de l’hélicoptère au-dessus de leur position, vers 22 h 30 et de ne pas avoir lancé d’appel d’urgence avant la tombée de la nuit (un appel a été rapporté par les secouristes à 0 h 35, et ces derniers assurent qu’il ne s’agissait pas d’un appel d’urgence).
A lire aussi
Andrea, une ex-compagne du prévenu, a relaté lors de son témoignage à la barre une expérience similaire avec le trentenaire. Lors de l’ascension du Grossglockner qu’elle avait elle aussi effectuée avec l’homme, elle a expliqué avoir été laissée «en plein milieu de la nuit» par ce dernier, parce qu’il la jugeait «trop lente». La jeune femme a raconté qu’elle avait pleuré et crié alors qu’il disparaissait. La juge a déclaré à la BBC que le tribunal avait considéré le casier judiciaire vierge du prévenu et sa situation de deuil comme des «circonstances atténuantes».




