Au milieu de ce qui était alors la place d’appel, le vent est glacial. A l’endroit même où les prisonniers du camp de concentration d’Oranienbourg-Sachsenhausen devaient patienter en hiver pendant des heures, Astrid Homann montre une photo censée représenter l’endroit à l’époque. L’image, très kitsch, raconte une histoire de la Shoah mais qui n’a jamais existé. «Regardez, les baraquements et les miradors sont faux. Les barbelés sont présentés dans le mauvais sens. Les prisonniers allongés sur le sol portent des bottes de soldats et les cheminées des fours crématoires - au mauvais endroit - fument encore à la libération du camp. Tout est faux», explique la collaboratrice du département «Education» au Mémorial de Sachsenhausen (Brandebourg) qui accueille chaque année 500 000 visiteurs au nord de Berlin.
Les fausses images de camps de concentration inondent les réseaux sociaux où l’histoire de la Shoah devient une fiction. Il suffit de taper «Auschwitz» pour tomber sur des fakes créés par l’intelligence artificielle (IA). Comme cet homme émacié jouant




