Pas de femmes dans le clergé à Durham. Ni à Exeter. Ni à Coventry. Une seule à Winchester. En février 2025, devant le Synode général de l’Eglise d’Angleterre, Sarah Mullally, évêque de Londres, est plus désespérée qu’en colère en listant les paroisses encore réticentes à la mixité. «Les voix des femmes continuent de ne pas être entendues. […] J’aimerais encourager les femmes – et je le fais, tout le temps – mais des barrières institutionnelles perdurent. Nous continuons à vivre des micro-agressions…» Sur ce dernier mot, les larmes montent et elle doit s’interrompre.
Huit mois plus tard, cette même Sarah Mullally est nommée archevêque de Canterbury, à la grande «tristesse» de groupes anglicans conservateurs et à l’immense joie des progressistes. La cérémonie qui confirme sa nomination, ce mercredi 28 janvier, marque un tournant de taille : jamais une femme n’a occupé le rôle prestigieux de primat de toute l’Angleterre et de chef spirituel de la communauté anglicane – environ 85 millions de membres répartis dans plus de 165 pays.
Pas un pur produit de l’élite britannique
La place est symbolique, et pèse lourd dans la vie publique britannique. L




