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Chasseurs de prime

Black-out de Berlin : l’Allemagne promet un million d’euros à qui identifiera les responsables

L’incendie criminel d’une installation électrique dans le sud-ouest de la capitale le 3 janvier avait plongé dans le noir plus de 100 000 personnes, privé certains de chauffage, coupé les réseaux mobiles et internet et paralysé les transports en commun.

Le quartier de Zehlendorf, dans le sud-ouest de Berlin, le 4 janvier. (Ralf Hirschberger/AFP)
Publié le 27/01/2026 à 12h13, mis à jour le 27/01/2026 à 14h56

Le gouvernement allemand a promis ce mardi 27 janvier une récompense d’un million d’euros à qui «mènera aux auteurs» du sabotage ayant provoqué un vaste black-out à Berlin début janvier, une mesure exceptionnelle alors que l’enquête visant un mystérieux groupe d’extrême gauche s’est enlisée. Cette attaque, revendiquée par le Vulkangruppe (groupe Volcan), groupuscule dont on ne sait rien ou presque malgré des années d’activité, avait mis en évidence la faiblesse de certaines infrastructures critiques, au moment même où les autorités veulent les muscler face à la menace russe.

Le parquet et la police «annoncent une récompense d’un million d’euros pour toute information permettant d’identifier les auteurs», a dit le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, lors d’une conférence de presse. L’annonce intervient alors qu’aucun progrès dans l’enquête n’a été rendu public, près d’un mois après les faits, lorsque quelque 45 000 foyers sont restés sans courant pendant près d’une semaine.

Une douzaine d’attaques

Le 3 janvier, l’incendie criminel d’une installation électrique dans le sud-ouest de la capitale avait plongé dans le noir plus de 100 000 personnes, privé certains de chauffage, coupé les réseaux mobiles et internet et paralysé les transports en commun. Le retour à la normale n’était intervenu que le 7 janvier. Le parquet fédéral avait rapidement lancé une enquête pour «appartenance à une organisation terroriste» et «sabotage», après une revendication en ligne par le Vulkangruppe. Ce groupe avait déjà revendiqué une douzaine d’attaques depuis 2011, dont l’une en mars 2024 ayant visé une usine Tesla près de Berlin, où des lignes électriques alimentant le site avaient été incendiées. Jamais les autorités n’ont identifié les auteurs, des complices ou des membres du groupuscule.

Le maire de Berlin, Kai Wegner, qui a lui-même été très critiqué pour sa gestion de la crise, a salué l’annonce de la récompense, qui démontre, selon lui, que l’arrestation des auteurs est «la plus haute priorité». «Quiconque s’en prend à nos infrastructures critiques met délibérément en danger des vies humaines», a-t-il écrit sur X. Alors que par ailleurs, l’Allemagne n’a cessé de dénoncer une campagne de sabotage et d’espionnage russe, la gigantesque panne provoquée par l’incendie d’une seule installation et l’absence de systèmes parallèles permettant de garantir le fonctionnement avait jeté une lumière crue sur la vulnérabilité d’une infrastructure critique de la capitale allemande. Dobrindt a promis que cette semaine, la Chambre basse du parlement, le Bundestag, allait adopter une nouvelle loi sur la protection des infrastructures critiques.

«Nous divulguons trop d’informations publiques»

Mais des voix critiquent ce texte, attendu depuis des mois. De nombreux acteurs du secteur, des milieux d’affaires et des politiques jugent le projet existant trop bureaucratique pour être efficace. Selon eux, il oblige aussi à une trop grande transparence sur ces infrastructures, ce dont pourraient profiter des acteurs malintentionnés. Alexander Dobrindt a admis mardi : «Nous divulguons trop d’informations publiques concernant nos infrastructures critiques».

Le ministre a également assuré que la lutte contre les groupes d’extrême gauche menant des sabotages au nom de combats contre le capitalisme ou pour l’environnement allait être renforcée, alors que ce phénomène reste assez répandu en Allemagne, notamment à Berlin.

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