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Boualem Sansal : le président allemand appelle son homologue algérien à gracier l’écrivain et propose de l’accueillir

Frank-Walter Steinmeier a exhorté ce lundi 10 novembre Abdelmadjid Tebboune à «un geste humanitaire» pour l’écrivain emprisonné depuis un an et au cœur d’une grave crise diplomatique entre Alger et Paris.

Boualem Sansal à Boumerdès, en Algérie, le 16 juin 2023. (Christophe Maout/Libération)
Publié le 10/11/2025 à 13h07

Une possible issue pour Boualem Sansal. Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a appelé ce lundi 10 novembre son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune à gracier l’auteur franco-algérien, emprisonné depuis un an en Algérie, et condamné à cinq ans de prison pour «atteinte à l’unité nationale».

Frank-Walter Steinmeier, dont le rôle est d’ordinaire essentiellement honorifique, a demandé son homologue algérien à un «geste humanitaire» à destination du septuagénaire atteint d’un cancer. Il a aussi proposé que Boualem Sansal soit transféré en Allemagne pour «y bénéficier de soins médicaux […] compte tenu de son âge avancé […] et de son état de santé fragile».

Crise diplomatique entre Alger et Paris

Arrêté à Alger le 16 novembre 2024, l’écrivain a été condamné en appel le 1er juillet à cinq ans de réclusion, pour avoir notamment déclaré au média français d’extrême droite Frontières que l’Algérie avait hérité sous la colonisation française de territoires appartenant jusque-là au Maroc.

Accusé d’«atteinte à l’unité nationale», «outrage à corps constitué», «pratiques de nature à nuire à l’économie nationale» et «détention de vidéos et de publications menaçant la sécurité et la stabilité du pays», Sansal est surtout au cœur d’une brouille diplomatique entre Alger et Paris.

Ce lundi matin sur France Inter, le patron de la Direction générale des renseignements extérieurs (DGSE), Nicolas Lerner, a de son côté évoqué des «signaux» venant d’Algérie en faveur d’une «reprise du dialogue» avec la France. Pour celui qui dirige les espions français, ce n’est dans «l’intérêt d’aucun des deux pays de rester dans cette situation de blocage», appelant à nouveau à la libération de «nos deux compatriotes» détenus en Algérie : Boualem Sansal et le journaliste Christophe Gleize.

Après des mois de relation gelée, marqués par l’arrêt total de la coopération migratoire, le départ du ministère de l’Intérieur de Bruno Retailleau, remplacé par Laurent Nuñez, un successeur non politique, avait permis ces dernières semaines d’amorcer en coulisses des discussions. Le nouveau locataire de Beauvau a mis en avant notamment les besoins de coopération sécuritaire notamment dans la lutte antijihadiste au Sahel. Laurent Nuñez pourrait ainsi se rendre prochainement en Algérie.

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