L’Espagne vit ce jeudi 22 janvier la dernière journée d’un deuil national de trois jours décrété après la collision tragique de deux trains ayant fait au moins 45 morts dimanche soir en Andalousie, dans le sud du pays, selon un dernier bilan qui révèle la découverte de deux nouveaux corps dans les décombres.
La famille royale s’est rendue mardi à la mi-journée pour témoigner son soutien aux familles des victimes et aux rescapés. Sur le site du drame, les recherches se poursuivent dans les carcasses des deux trains réduits en partie en tas de ferraille. L’accident a également fait 150 blessés, dont 39 sont toujours hospitalisés et parmi lesquels 13 se trouvent en soins intensifs.
Accident
Le roi d’Espagne, Felipe VI, et son épouse Letizia se sont rendus peu après midi à Adamuz, petite bourgade paisible d’Andalousie désormais au cœur de l’actualité. A 35 kilomètres de là, à Cordoue, le couple royal a rendu visite aux personnes hospitalisées. Le roi en a profité pour exprimer sa gratitude et salué l’effort collectif des institutions, des services de secours et des habitants qui ont aidé les victimes. «Quelles que soient les infrastructures, les accidents arrivent. Celui-ci a été particulièrement tragique… Il aurait pu être bien pire, et l’intervention rapide a permis de limiter le nombre de victimes», a-t-il souligné.
Bilan total connu d’ici à mercredi
Les autorités ont déjà prévenu que le bilan de la tragédie pourrait encore augmenter, car les équipes de secours sont à la recherche d’éventuels corps restés coincés dans les trains. L’entité publique chargée du suivi de la catastrophe avait indiqué lundi soir que les autorités avaient reçu 43 signalements pour disparition de la part de proches de victimes. Cinq personnes mortes ont déjà été identifiées au cours d’autopsies, a ajouté cette source.
Le nombre total de victimes pourra être connu «avec certitude» dans «les prochaines vingt-quatre à quarante-huit heures», avait estimé lundi soir le président régional andalou, Juan Manuel Moreno, dont le gouvernement est en première ligne dans la gestion de la catastrophe. Cela signifie que le bilan définitif devrait être connu au plus tard mercredi.
Dimanche, à 19 h 45, les trois dernières voitures d’un train de l’opérateur privé Iryo allant vers Madrid avaient déraillé et s’étaient déportées sur la voie d’à côté, avant d’être percutées violemment par un train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui circulait dans l’autre sens en direction de Huelva. Les deux TGV, qui allaient à près de 200 km/h au moment de la collision, transportaient au total plus de 500 passagers.
Erreur humaine «pratiquement écartée»
Les débats se concentrent désormais sur les causes de cet accident «extrêmement étrange», selon les termes employés par le ministre des Transports, Óscar Puente. La collision est survenue dans une ligne droite, sur une portion de voie rénovée, alors même que trois trains étaient passés au même endroit «vingt minutes avant» sans que «personne ne signale la moindre anomalie sur la voie», a affirmé le ministre mardi matin. L’enquête, avait-il dit lundi, doit déterminer si la rupture d’un tronçon de la voie, visible sur certaines photos, est «la cause ou la conséquence» du déraillement du train Iryo qui a entraîné la collision.
Ce qui est certain à ce stade, c’est que la vitesse des trains n’était pas en question et que «l’erreur humaine [était] pratiquement écartée», avait assuré lundi le président de la Renfe, Álvaro Fernández Heredia. Il en avait déduit que la faute était peut-être due «au matériel roulant d’Iryo ou à un problème d’infrastructure». Le ministre espagnol de l’Intérieur a écarté ce mardi qu’un acte de sabotage puisse être à l’origine de la collision tragique.
Face à l’émotion, le Premier ministre, Pedro Sánchez, a promis une «transparence absolue» et «la vérité» sur cette catastrophe, qui bouleverse le pays plus de dix ans après un autre déraillement meurtrier, qui avait fait 80 morts en 2013 près de Saint-Jacques-de-Compostelle, dans le nord-ouest du pays. Un premier rapport préliminaire sur l’accident pourrait être publié dans «deux ou trois mois», avant une version définitive dans un délai maximal d’un an, a précisé mardi César Franco, président du Conseil des ingénieurs industriels.




