«Partout dans le pays, les femmes se rassemblent pour dire que l’extrême droite ne les représente pas. Ils ne sont pas nos protecteurs et nous devons nous organiser pour les arrêter !» Sur l’estrade du centre méthodiste de Manchester, Samira Ali se dresse de toute sa hauteur. Elle parle vite et fort, sans reprendre son souffle et ne contient pas sa colère. Face à elle, une assemblée presque exclusivement féminine. Dans le décor sobre de l’auditorium, elles sont plus de 350, alignées sur des chaises de tissu bleu marine, les poches remplies de tracts et de notes.
En ce samedi pluvieux de février, Stand Up to Racism, l’organisation antiraciste britannique dont fait partie Samira Ali, présente localement sa dernière campagne nationale : Women Against the Far Right (Les femmes contre l’extrême droite). Le mouvement est né en septembre quand des dizaines de femmes, militantes, artistes, chercheuses rejointes par quelques députées dénoncent dans une lettre ouverte l’instrumentalisation du genre dans le discours anti-immigration. En cinq mois, le mouvement a essaimé à Birmingham, dans le Sussex, au pays de Galles, en Ecosse jusqu’à Manchester, ce soir.
Reform UK bien placé dans les sondages
Derrière la mobilisation, un contexte plus que tendu. Le meurtre de trois enfants en 2024 par un homme noir, dépeint, à tort, comme issu de l’immigration, a déclenché une semaine d’émeutes, encouragées par l’extrême droite. Un an plus tard, l’arrestation d’un demandeur d’asile éthiopien pour agressions sexuelles près de Londres




