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Chercheurs déplacés en Ukraine: «Je suis parti de Kharkiv avec un pull, cinq chemises et environ 300 échantillons de sangsues»

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Pendant la guerre, les cours continuent. «Libération» s’est entretenu avec des scientifiques et universitaires ukrainiens qui essaient de proposer une continuité pédagogique à leurs étudiants et de poursuivre leurs travaux de recherche.

Des déplacés dans un gymnase de l'université de médecine vétérinaire de Lviv, le 22 mars. (Yuriy Dyachyshyn/AFP)
Publié le 14/04/2022 à 11h02

Serge Utevsky, 54 ans, est chercheur au Muséum d’histoire naturelle de Kharkiv. Quand cette ville de l’est de l’Ukraine a été attaquée, comme beaucoup de résidents, il a fui vers l’ouest du pays. «Je suis parti de Kharkiv pour rejoindre Lviv en bus. Cela m’a pris trente heures. J’avais deux sacs avec un pantalon, un pull, cinq chemises et environ 300 échantillons de sangsues.»

Il étudie les sangsues. Elles sont conservées au froid dans de l’alcool et préparées pour des analyses génétiques, entre autres. Il ne se voyait pas partir sans ses spécimens les plus rares. «Elles viennent de tous les continents, même d’Antarctique», explique-t-il. Le chercheur espère qu’il retrouvera ses collections intactes à la fin de la guerre. Ce n’est pas gagné, le bâtiment qu’il occupait à l’université est partiellement détruit.

Rester «émotionnellement connecté» avec les étudiants

Aujourd’hui, Serge Utevsky est logé sur le campus universitaire de Lviv, dans une petite chambre, avec son frère et il continue à donner ses cours, en ligne. «Mes étudiants sont en Irlande, en Pologne, ou en Allemagne… Les femmes, surtout, sont parties, les jeunes hommes deva

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