Pour espérer lutter contre les embouteillages de bateaux de croisières dans les ports de ses îles, la Grèce va taper au porte-monnaie. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a annoncé ce dimanche 8 septembre qu’une participation de 20 euros allait être imposée aux croisiéristes faisant halte dans les îles très populaires de Mykonos et Santorin.
Santorin, escale clef des croisières en Grèce pour ses célèbres couchers de soleil, frôle la saturation et les autorités envisagent d’en restreindre l’accès. «La Grèce n’a pas de problème structurel de surtourisme. Elle a un problème dans certaines destinations, certaines semaines ou certains mois de l’année», a développé le Premier ministre, lors d’une conférence de presse tenue à une foire internationale, ce dimanche. «L’industrie de la croisière a mis sous pression Mykonos et Santorin, donc le tarif sera de 20 euros», a-t-il ajouté sans préciser quand cette mesure entrera en vigueur.
Sur le nombre record de 32,7 millions de touristes qui ont visité la Grèce l’an dernier, environ 3,4 millions – soit un visiteur sur dix – s’est rendu sur l’île de Santorin. 1,3 million d’entre eux ont été débarqués de quelque 800 bateaux de croisière dans l’île où vivent seulement 15 500 habitants, selon l’association des ports grecs. Par cette mesure, le Premier ministre entend justement «intervenir sur le nombre de navires arrivant en même temps à une destination», en jugeant nécessaire «de mettre des freins sur des îles où nous considérons que les limites des infrastructures sont testées».
Pour l’été 2025, un maximum de 8 000 croisiéristes par jour à Santorin
Cet été, la ministre du Tourisme, Olga Kefalogianni, avait estimé qu’il fallait établir «des quotas», les autorités locales ayant déjà fixé pour l’an prochain une limite de 8 000 croisiéristes par jour à Santorin. «Il est impossible pour une île comme Santorin de voir arriver cinq navires de croisière en même temps», avait estimé la ministre. L’année dernière, la Grèce a connu une affluence record, ce malgré des incendies meurtriers et une longue vague de chaleur. Selon Olga Kefalogianni 2024 devrait constituer «une autre année record». Primordial pour le pays, le secteur du tourisme représente près d’un quart du PIB de la Grèce et emploie une personne sur cinq.
Analyse
Depuis le printemps, c’est la ville de Venise qui a mis en place une taxation pour les touristes. Lors de 29 journées désignées par la municipalité, les touristes doivent s’acquitter d’une taxe de 5 euros pour profiter de la Cité des Doges. Un billet à lâcher également pour chaque visiteur qui choisirait de ne pas dormir une nuit sur place. Cette nouvelle loi vise particulièrement les croisiéristes qui ne font escale que quelques heures dans la ville, s’agglutinant le long de la «riva dei Sette Martiri». Depuis 2021, la ville est la première cité du monde à avoir interdit l’accès du centre-ville aux gigantesques bateaux de croisières. Venise accueille presque 30 millions de touristes par an pour seulement quelque 50 000 habitants.




