La plage de St Ninian, grignotée en son centre par une mer agitée, ressemble à un sablier. Comme un rappel physique, temporel, face à une certaine urgence. Le vent souffle fort et les nuages sont bas sur les îles Shetland, au nord de l’Ecosse, en cette fin septembre. Vêtu d’un chaud pull en laine, Alexander Armitage pointe le nord-ouest. «Il y a vingt ans, un nouveau gisement pétrolifère a été découvert près des Shetland, raconte le militant écologiste de 40 ans, les cheveux en bataille. De nombreux projets sont en cours depuis.» Le plus contesté d’entre eux, «Cambo», se trouve à 125 kilomètres des côtes et 1 100 mètres de profondeur, en pleine mer du Nord. En 2001, le gouvernement britannique a autorisé les compagnies pétrolières Siccar Point Energy et Shell UK à explorer la zone. Aujourd’hui, les deux entreprises demandent un permis d’extraction. Car sous les profondeurs marines gît l’équivalent de 800 millions de barils, dont 170 millions qui seraient prélevés dans le cadre de Cambo.
A quelques jours de la COP26, Cambo devient donc le petit mais irritant caillou dans la chaussure du gouvernement britannique, qui accueille le sommet sur le climat du 31 octobre au 12 novembre à Glasgow. Du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, à l’Agence internationale de l’énergie, les appels à mettre fin aux nouveaux projets d’extraction d’énergies fossiles se multiplient. Pendant ce temps-là, outre-Manche, le Premier ministre, Boris Johnson, s’apprête à en valider u




