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Reportage

Dans la seconde couronne du Donbass, la peur de «devenir une terre brûlée»

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La région, marquée par des identités complexes, a vu les bombardements continuer mardi, faisant trois morts et des blessés.

A Slaviansk, dans l’Est de l’Ukraine, mardi. La ville fut occupée et assiégée par les pro-russes au début de la guerre entre avril et juillet 2014. (Rafael Yaghobzadeh/Libération)
ParStéphane Siohan
envoyé spécial à Kramatorsk
Publié le 23/02/2022 à 6h56

En donnant le feu vert pour l’envoi de troupes russes de «maintien de la paix» dans le Donbass, Vladimir Poutine vient peut-être de signer une déclaration de guerre à l’Ukraine, qui pourrait mettre le feu à tout l’Est du pays. Plus, le Kremlin a reconnu l’indépendance des «républiques populaires autoproclamées» «au travers des régions administratives de Donetsk et de Louhansk». Traduction : la Russie autorise l’élargissement par la force des «républiques populaires» de Donetsk (RPD) et de Lougansk (RPL) pour prendre le contrôle intégral du Donbass ukrainien.

Les Ukrainiens qui ont massivement écouté le discours halluciné du maître du Kremlin lundi soir sont passés par une large palette de sentiments : du dégoût à la haine, de l’angoisse à la peur. Après avoir refait l’histoire de l’Ukraine, de la Grande Catherine à Lénine et Staline, se livrant à une véritable négation de l’Ukraine en tant que nation, peuple et Etat, Vladimir Poutine a sorti la dague, en menaçant Kiev de manière explicite d’un conflit meurtrier. «Nous exigeons une cessation immédiate des hostilités, a-t-il intimé. Sinon, toute la responsabilité́ de la poursuite éventuelle de l’effusion de sang reposera entièrement sur la conscience du régime au pouvoir sur le territo

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