C’était un joli bled des confins, ça se devine vaguement à ce qu’il en reste. Rien de grandiloquent, quelques artères altières en vieilles briques, recouvertes de toitures ondulées d’Everite. Le vestige d’une place d’armes du tsar, il y a deux siècles, colonisée par des mennonites et des luthériens, à un embranchement de la «voie des choumaks», cette piste commerciale sans âge par laquelle les caravaniers cosaques d’antan tractaient à la puissance des bœufs le sel de Crimée en direction du nord. Orikhiv fut un bastion de la Makhnovtchina (armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne, d’inspiration anarchiste, opposée de 1918 à 1921 aux combattants contrerévolutionnaires, avant d’être attaquée par l’Armée rouge). La ville fut prise et reprise par les Rouges et les Blancs, avant de sombrer dans le siècle soviétique : ses deux ou trois usines de sucre et de métal, et cette route crevant la steppe, vers la Crimée, dans le temps immobile des provinces où l’on ne s’arrête pas.
Reportage
Dans la ville ukrainienne d’Orikhiv, avant la contre-offensive : «Nous sommes déjà prêts, nous attendons juste un ordre»
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Au cœur des combats dans la région de Zaporijia, la petite ville de 14 000 habitants avant guerre est en ruines. Ceux qui ne sont pas partis se terrent, tandis que les soldats ukrainiens se préparent à la marche en avant vers le sud, dans le fracas des frappes aériennes russes. Objectif : la mer d’Azov.
A Orikhiv, un des quatre seuls «points d’invincibilité» du front, le 12 avril. (Dmytro Smolienko/UKRINFOR/SIPA/Sipa)
Publié le 04/05/2023 à 16h45
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