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Reportage

Dans les abris de Kyiv: «D’ici, on n’entend pas, c’est pour ça qu’on est venus, c’était le seul moyen de calmer ma fille»

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Les habitants s’organisent pour échapper tant bien que mal aux bombardements russes qui ont de nouveau touché la capitale mardi. Des communautés se créent dans les sous-sols.

Dans le sous-sol d’un hôpital du quartier d'Obolon (dans le nord de Kyiv), utilisé comme abri anti-bombes, le 15 mars. (Rafaël Yaghobzadeh/Libération)
ParCélian Macé
envoyé spécial à Kyiv
photo Rafael Yaghobzadeh
Publié le 15/03/2022 à 21h11

Quatre frappes, quatre morts. Le double de la veille. La ville de Kyiv (Kiev) est-elle à l’aube d’une campagne de bombardements ? Le maire, Vitali Klitschko, a annoncé un nouveau couvre-feu total pour la journée et la nuit de ce mercredi. Seuls les déplacements pour se rendre aux abris antiaériens, en cas d’alerte, seront autorisés. Cette fois-ci, la nouvelle n’a causé ni panique ni ­anxiété. «Nous sommes déjà habitués aux alarmes»,avoue Oleg, 71 ans. Comme ­beaucoup d’habitants de Kyiv, le retraité est descendu se mettre à l’abri les trois premiers jours de la guerre, lorsque sonnaient les sirènes. Il ne prend plus cette peine. «On ne peut pas rester tout le temps là-dessous, il faut bien vivre.»

Mardi, à 5 heures du matin, Oleg était réveillé quand la roquette russe s’est abattue au pied de l’immeuble voisin, dans son quartier de Podil. «Les gens couraient dans tous les sens dans le noir, une conduite de gaz s’est enflammée, on avait peur d’approcher», raconte-t-il. Le projectile a heurté une butte de terre quelques mètres en contrebas de la barre d’habitation, sans faire de victimes. Un cratère noir s’est formé au point d’impact. L’incendie a duré plusieurs heures.

Un chihuahua dans les bras

Les flammes n’ont pas atteint le dixième étage, où vit Dzhamilova Makhphyrat depuis dix ans. Mais le souffle de la bombe a pulvérisé ses fenêtres. Les débris de verre font encore scintiller le parquet de l’appartement. Sur son balcon aux montants tordus flotte l’odeur de la terre des jardiniè

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