En temps de paix, le magnifique centre-ville de Lviv, entièrement classé à l’Unesco, est une ruche bourdonnante de touristes ukrainiens ou polonais, qui se baladent, parfois la larme à l’œil pour les derniers, à la recherche du temps perdu de la Lwów polonaise d’avant 1939. Depuis un mois, les bataillons de promeneurs se sont évanouis. Mais le samedi, à Lviv, on joue toujours des coudes sur le Rynok, la place du marché constamment bourrée à craquer, mais cette fois de la faune diplomatique et humanitaire, de Polonais remontés à bloc pour aider leurs voisins, et de centaines d’Ukrainiens fraîchement réfugiés qui débarquent dans l’écrin Renaissance les valises à la main.
Reportage
Ces dernières semaines, les réactions aux sirènes étaient devenues presque habituelles à Lviv, ville un peu éloignée du théâtre dramatique, plus à l’est. Les descentes à la cave se faisaient pour la forme, au compte-gouttes. Résultat, samedi, aux alentours de 16 heures, les rues de la vieille ville étaient encore pleines de monde lorsqu’une longue alarme a retenti. Moins d’un quart d’heure plus




